Ah ah, comment peut-on être français ?

Ah, Ah ! Monsieur est Français ? C’est une chose bien extraordinaire.  Comment peut-on être français ? 1

Telle est en substance la question soulevée par Éric Cantona vis-à-vis de Didier Deschamps paraphrasant le célèbre « Comment peut-on être persan ? » de Montesquieu. Mais alors que l’écrivain était ironique, Cantona lors de son entretien avec un journaliste du Guardian, lui, ne l’était pas. Cantona a ainsi déclaré que « Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique».2

En d’autres termes, il y a quelque chose d’occulte et de sectaire dans le fait d’être français. Avoir un nom français est devenue une preuve manifeste de racisme. N’est-ce pas fantastique ?

Et Benzema l’a confirmé : «Deschamps a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. » 3

A aucun moment, il n’a été question des multiples entorses du sieur Benzema à la morale – pour ne pas dire à la loi – de ces scandales sans fin, de la prostituée mineure à la sex-tape. Non. S’il n’a pas été sélectionné, c’est forcément qu’on est raciste. Et ses penchants personnels n’ont rien à voir là-dedans. Seules comptent ses origines. CQFD.

En conséquence de quoi, la maison de Didier Deschamps a été taguée et Benzema est le dernier martyr à la mode d’une France raciste et haineuse. Et le fait que la sélection de Didier Deschamps comprend bon nombre de joueurs d’origine africainefait assez unique en Europe pour être soulignée – n’exempte pourtant pas D. Deschamps de l’accusation de racisme et d’islamophobie : «Derrière la non-sélection de Benzema, il me semble qu’il y a quand même quelque chose de raciste. Le traitement médiatique ne serait pas le même s’il n’avait pas été musulman», clame Victor Dorhasoo.4

On me dit que j’ai tort de prêter l’oreille à tout ce qui se dit, que ce ne sont là que des vétilles.

Ah ! L’avantage que présente une ouïe sélective !

Les scélérates lois françaises envers ces racisé-e-s d’indigènes post-coloniaux.

Et cependant, je crois qu’on aurait tort de balayer d’un revers de main les déclarations qui ont été faites lors de la non-sélection de Benzema au motif qu’elles sont farfelues. Ce n’est pas un hasard si avoir un nom français rend la personne suspecte d’appartenir à une espèce occulte qui donne dans le néo-colonialisme. Une sorte de KKK à la française.

Il n’est que de voir le mouvement des Indigènes de la République. L’idée qui les anime – alors même que leurs parents ou eux-mêmes ont fait le choix délibéré de venir s’installer en France – est qu’on essaie de les « coloniser ». Le terme même d’indigènes est révélateur. Qu’est-ce qu’un indigène si ce n’est « quelqu’un qui appartient à un groupe ethnique existant dans un pays avant sa colonisation » ? 5

On me dit que les Indigènes de la République sont peu nombreux et qu’ils ne représentent qu’une infime minorité. Pourtant leur idéologie – reprise par Cantona – fait son chemin. Ici et là on en voit les stigmates. « La longue lutte des travailleurs et travailleuses immigré-e-s postcoloniaux, et plus généralement des racisé-e-s, nous contraint de constater que le racisme est encore aujourd’hui un des angles morts du syndicalisme français. (…) Comment expliquez-vous ce silence quasi total concernant cette loi scélérate de 2004 interdisant le port du voile… » »6

Ou encore : «  Je marche inch’allah contre les lois islamophobes et les exclusions des femmes voilées et pour le rétablissement (sic) de la polygamie en France. » 7

Je trouve cela merveilleux. Ces gens ou leurs parents ont décidé de venir s’installer en France. Contrairement aux anciens esclaves africains, ils n’ont pas été kidnappés, déportés, battus, torturés et asservis. On ne leur a pas fait traverser la Méditerranée par force, les fers aux pieds. Non ! Ils ont même dû faire des pieds et des mains ( c’est le cas de le dire vu que beaucoup d’entre eux ont dû se contenter de durs boulots mal payés ) pour obtenir une carte de séjour.

Las ! Il semblerait pourtant qu’aujourd’hui ce soit eux qu’on «colonise » alors qu’ils ne sont que des « indigènes » sans défense.

N’y aurait-il pas là un glissement de sens autant que de terrain ? Les indigènes dans les faits, c’est nous !

Et quant à cette accusation d’islamophobie sans cesse brandie, combien de maghrébins ont-ils été assassinés en France parce qu’ils étaient musulmans depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962 ?

Aucun. Le dernier massacre fut ordonné par le préfet de police de Paris, Maurice Papon, le 17 octobre 1961. A ce jour, cela fait cinquante-cinq ans !

Combien de victimes du terrorisme sont tombées en France au nom de l’islam en moins de quatre ans ? Trois cents ? Plus ?

Le chiffre oscille encore ce matin. 8

Jusqu’à présent, un musulman en France entouré de toute une palanquée d’islamophobes ne craint pas pour sa vie. Le citoyen lambda aimerait bien pouvoir en dire autant qui ne peut plus aller à la plage comme à Sisco en Corse, se balader dans un centre de vacances comme dans les Hautes-Alpes, entrer dans une église comme à Saint-Étienne-du-Rouvray, participer à un concert comme au Bataclan, faire du roller comme à Toulon, assister au feu d’artifice pour sa fête nationale comme à Nice, entrer dans un hypermarché comme à Paris, Porte de Vincennes ou écrire des articles pour un journal satirique comme Charlie Hebdo, mettre ses enfants à l’école comme à Toulouse, voir ses fils intégrer l’armée comme à Montauban ou la police comme dans les Yvelines et laisser ses filles mettre un maillot de bain comme à Reims sans craindre le passage à tabac et la mort à chaque instant.

Du politiquement correct à l’islamisation de tout un peuple : la marche forcée.

Mais le discours qui mêle politiquement correct et victimisation des musulmans prend ! De plus en plus on se lance gaillardement sur la voie islamique au nom de la tolérance. Le mercredi 20 avril 2016, Sciences Po lançait le Hidjab Day. Mais, me dit-on, il ne s’agissait pas là d’une manifestation officielle. Ah ! Nous voilà soulagés, les femmes sont bel et bien invitées à se voiler et à faire profil bas à Sciences-Po Paris mais comme c’est de façon officieuse, la morale est sauve.

Mme Najat Vallaud-Belkacem a déclaré le 12 avril 2016 sur RMC qu’elle « n’était pas pour l’interdiction du voile par la loi à l’université. On a affaire à des adultes. » François Hollande, notre Moi-Président, lui a fait écho.

C’est là une déclaration qui serait inepte si elle n’était si tragique : elle fait fi d’une réalité sur le terrain qui devient pourtant menaçante. Des jeunes filles se font tabasser parce qu’elles sont en jupe ou en short, comme ce fut le cas pour Maude V. à Toulon le 13 juin dernier. Des musulmanes non voilées se font agresser parce qu’elles refusent de porter le voile. Certaines, pour échapper au voile intégral, ont rejoint les rangs de l’armée, dernier rempart contre le voile forcé. Je connais aussi une femme qui fut agressée par son voisin, un « bon musulman », en pleine rue parce qu’elle sortait seule et sans voile. La dame se retrouva à l’hôpital et l’homme partit … pour les sports d’hiver. Des gamines de 7 ans sortent à présent voilées, ce qui leur interdit de facto la liberté de leurs mouvements : ce sont là des gosses à qui on vole leur enfance, qui ne peuvent et ne pourront jamais faire de la plongée, de l’escalade, du vélo ou de la course à pied comme le reste de la population ( notamment masculine).

Et c’est là l’application de la sacro-sainte égalité en France par une ministre de l’Éducation qui devrait être la première à chercher à la faire respecter ? Peut-être Mme Vallaud-Belkacem devrait-elle regarder le film avec Isabelle Adjani « La journée de la jupe » qui date de… 2009 pour se tenir informée de la réalité du terrain.

Posons-nous la question : comment Stéphane Ravier, du Front National, a-t-il pu remporter la mairie du 13e et 14e arrondissements de Marseille qui font partie des tristement célèbres Quartiers Nord ?

Réponse : parce que les parents non radicalisés, après avoir craint que leurs enfants ne tombent dans la drogue, craignent aujourd’hui qu’ils ne tombent aussi dans l’islamisme et ne partent en aller-simple pour la Syrie et qu’il n’y a que le FN qui semble prendre position sur le problème.

On me dit que la majorité des musulmanes ont fait ce choix de la niqab, de la burqa, de la hidjab. Et je dis que même si c’était le cas – et j’ai des dizaines de contre-exemples autour de moi – ce ne serait pas moins contraire à l’esprit des Lumières, à tout ce qui a façonné la France durant des siècles. « Quand chacun pourrait s’aliéner lui-même, il ne peut aliéner ses enfants ; ils naissent hommes et libres ; leur liberté leur appartient, nul n’a droit d’en disposer qu’eux. » 9 On ne devrait donc pas imposer le voile à ses filles, et surtout pas à des gosses de sept ans. Pourtant, c’est le cas.

Mais il y a pis peut-être que ce reniement de l’Esprit des Lumières. C’est cet aveuglement quotidien qui consiste à occulter la force de la manipulation de tous les mouvements sectaires au nom même de la tolérance.

« Je ne veux pas, ici, ouvrir un débat philosophique sur la liberté. Je veux seulement dire qu’un individu ne peut être efficacement manipulé que s’il éprouve un sentiment de liberté. (…) Celui qui se sent libre est incontestablement le plus manipulable.» Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois 10

On se souvient du mot fameux de l’exégète islamiste Hani Ramadan « la femme sans voile est comme une pièce de 2 euros ; elle passe d’une main à l’autre ».

Visiblement une femme non voilée est une pute du simple fait de sa tenue ; paradoxalement, une adolescente niqabée qui « passe de main en main » au nom du « Jihad nikey » 11 ne l’est pas !

Cherchez l’erreur !

Il faut écouter la belle plaidoirie de l’avocate tunisienne Yasmine Attia sur le Jihad au féminin pour comprendre à quel point la manipulation de ces jeunes filles n’est certes pas à prendre à la légère.

Et face à ce drame social, que nous disent nos dirigeants ? Que la niqab est un choix. En attendant, ce « choix » du voile est imposé à toute la société, musulmane ou non.

On se souvient de Molière et de sa réplique : « Cachez ce sein que je ne saurais voir » fait-il dire à son Tartuffe, le dévot hypocrite de l’époque. Quatre siècles plus tard, ce n’est plus un sein que l’on devrait couvrir ; c’est toute la femme !

Lors de la manifestation de « Septembre en Mer 2016 » la mairie de Marseille avait fait publier une affiche où l’on voyait une jeune femme pourtant élégante montrer un bout de sein. «  Cachez ce téton que je ne saurais voir ! » L’affiche fut censurée et une partie du sein dûment recouvert avant même que quiconque ne s’avise de pousser les hauts cris. Pourquoi ?

« Ce sein a dérangé quelques personnes. Des hommes pour tout vous dire. Ils ont eu peur que certaines populations soient choquées. »12

Lesdites « certaines populations » n’étaient pas mentionnées dans l’article. Le plus drôle ou le plus inquiétant comme on voudra, c’est que l’affiche originale date de …. 1928 !

En 1928, il n’y eut aucun scandale. Près d’un siècle plus tard, la femme se doit d’être cachée, voilée, niqabée, censurée ! Quel progrès ! On regrette Molière, Montesquieu, Rousseau, Diderot, Voltaire et tous les autres que nous avons remplacés sur le sol de France par les sourates de Mahomet.

Partant, les libertés fondamentales sont menacées. Les plages même sont devenues des terrains minés. Pour protéger des regards leurs femmes en burkini en Corse en ce mois d’août 2016, des Marocains ont voulu privatiser une plage et attaqué tous les estivants à coups de harpons et de machettes !

A coups de machettes ! Combien d’estivants vont à la plage armés de machettes ? Comment peut-on même imaginer aller à la plage en se munissant de machettes ?! Ne peut-on voir là des remous précurseurs d’une guerre civile dès lors que les « craignant-Allah » voilent leurs femmes par pudeur mais sont prêts à dégommer quiconque leur porterait ombrage à coups de machettes ?

On se souvient de la crise du foulard à la fin des années 90. Aujourd’hui on en est au voile intégral et plus personne ne dit rien. Le voile n’est plus depuis longtemps un choix. Dans certains quartiers c’est une obligation. Une femme qui ne le porte pas peut craindre le viol ou le passage à tabac.

Parler de « choix adulte » quand on a affaire à la charia, c’est comme de dire qu’un chauffard devrait avoir le droit d’ignorer le code de la route dès lors qu’il est adulte !

Alors parler comme le fait Vallaud-Belkacem de « choix adulte » alors qu’on a affaire à la charia, c’est-à-dire à un code religieux à caractère social et terriblement répressif, c’est comme de dire qu’un chauffard devrait avoir le droit d’ignorer le code de la route dès lors qu’il est adulte !

On dira que j’exagère. Et pourtant, il faudrait peut-être entendre la voix des femmes qui refusent le voile, qui tiennent à porter une jupe et ce qu’elles ont à dire sur le « choix » qui est le leur aujourd’hui. Et cet absence de choix ne concerne même plus que les musulmanes. Toute femme qui déambule seule – qu’elle soit musulmane ou non – est peu ou prou touchée par le phénomène de la charia dans une France qui se revendique pourtant laïque et qui fut pendant des siècles catholique.

Je me suis retrouvée interpellée dans mon quartier par une bande de jeunes parce que je rentrais à vélo seule le soir très tard ce que visiblement « une femme bien ne fait pas, car elle ne sort pas le soir sans son mari. » L’amie à qui j’ai raconté plus tard l’anecdote m’a conseillé de ne pas le prendre mal. Après tout, ils ne m’avaient ni insultée ni agressée. Je l’ai regardée avec stupeur. De quel droit des jeunes de seize ans se permettent-ils de me dire ce que je dois faire ou non le soir ? Trouveraient-ils acceptables que je leur dise de rentrer chez eux au lieu de traîner dans la rue ? Et que se passera-t-il quand ils auront décidé qu’une leçon ne ferait pas de mal à une mécréante qui rentre seule à une heure indue de la nuit ?

Visiblement la tolérance n’est vraie et souhaitable qu’à sens unique.

J’ai posé la question un jour autour de moi pour savoir pourquoi ce serait à nous de nous conformer à des usages étrangers plutôt que l’inverse.

On m’a répondu que c’était à nous de faire l’effort, vu que nous étions et de loin les plus tolérants !

Le problème, c’est : Où met-on le seuil de la tolérance ? A quel moment dit-on Non, assez, au-delà de cette limite je n’irai pas ? Où se trouve la borne à cette surenchère de tolérance à sens unique ?

Au voile des petites filles ? Non. Au viol des femmes comme en Allemagne lors des fêtes de fin d’année ? On ne voit pas comment. Aux massacres et à la barbarie ?

Même pas. Au lendemain du massacre de Nice qui fit plus de 86 victimes dont des enfants sur qui un chauffeur routier Tunisien – musulman intégriste sur le tard – a roulé sans vergogne avec son camion de 19 tonnes, notre cher premier ministre Manuel Valls déclarait : « Nous avons changé d’époque et la France va devoir vivre avec le terrorisme. »

En d’autres termes, c’est comme s’il avait déclaré : « Gardez un peu de vos larmes pour plus tard. D’autres attentats vont fatalement se produire. MEKTOUB ! »

A-t-il dit par exemple : « Tout ressortissant étranger connu des services de police pour voies de fait, violences, agressions sera expulsé »  ? Non.

L’auteur du massacre de Nice était un Tunisien connu des services de police. Mais qu’importe ! Il était « perturbé », tout comme son coreligionnaire, un Marocain qui a lacéré de coups de couteau  dans un camp de vacances en Hautes-Alpes une mère de 46 ans et ses trois filles âgées de 8 à 14 ans en juillet ; la plus jeune des victimes a eu un poumon perforé. Selon le Dauphiné Libéré, il n’aurait pas apprécié la tenue vestimentaire de ses voisines, trop « légère » à son goût.

Cela fait écho à un autre incident grave qui a eu lieu début septembre à Toulon où tout un groupe d’amis a été tabassé et blessé gravement parce qu’ils faisaient du roller et du vélo avec des jeunes femmes habillées en short pour l’occasion, ce qui fut jugé indécent et donc punissable par les jeunes de la cité.

Mais c’est sans doute du racisme « mormon » de notre part à nous qui « imposons nos lois scélérates à des racisés d’indigènes post-coloniaux. »  que de souligner la colère qu’on ressent !!

Un bon musulman est celui qui a compris que l’islam en France est une religion, pas une politique. Celui qui pense différemment est un islamiste qui tente d’imposer la charia en France.

On me dit qu’il ne faut pas faire d’amalgame et qu’il existe de nombreux bons musulmans en France.

A cela je ne répondrai qu’une chose : la chose qui différencie à mon avis un musulman radical d’un terroriste de Daech n’est que dans le degré de violence avec laquelle il affirme ses sentiments.

Pour moi, un bon musulman – et j’en connais – c’est celui qui a compris que l’islam en France ne pouvait être qu’une religion et pas une politique à caractère religieux. Celui qui pense différemment est un radical. Et cela vaut pour toutes les religions sans différence.

Ce qui concrètement signifie ceci : en France, l’islam se pratique à la maison et dans les mosquées, pas dans l’espace publique. Quiconque refuse de prendre cela en compte est de facto une menace pour les valeurs de la République. Et je me moque de savoir si les opinions professées sont modérées ou non. Il est clair que in fine, l’issue sera la même – l’imposition de la charia au peuple, pacifiquement si c’est possible et par les armes si besoin est.

Au soir de la boucherie du Bataclan en novembre 2015 qui a coûté la vie à 90 personnes et qui finissait de bien triste façon une année qui avait débuté avec le massacre de Charlie Hebdo, j’ai reçu un texto me disant d’allumer des bougies sur le rebord de ma fenêtre en signe de deuil et de solidarité et de faire passer le message.

Ce que j’ai fait.

Elles furent deux, l’une du 3e et l’autre du 13e arrondissement de Marseille pour m’écrire le lendemain qu’elles « n’avaient pas osé le faire de peur de représailles ! »

Voilà où nous en sommes rendus ! Même une bougie allumée sur un rebord de fenêtre peut menacer votre liberté et celle de vos proches alors même qu’aucune loi en France ne l’interdit  !!

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. (Article 10 de la Constitution française de 1789)

Et alors qu’un Cantona dont la fortune personnelle est estimée à près de 46 millions d’euros traite les Français du cru de mormons et crie au racisme, qu’un Président et ses ministres trouvent normal que des jeunes soient entravées dans leurs mouvements parce que ce sont des filles, on crache allègrement sur pratiquement tous les articles de la Constitution française de 1789. Je n’en citerai qu’un, mais j’en pourrais citer dix : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »

On pourrait croire qu’un tel sabordage de nos institutions ne sont que des incidents bien localisés.

Malheureusement, il n’en est rien.

A l’heure actuelle, presque toutes les personnes en position d’autorité sont confrontées à des injonctions paradoxales. Je ne donnerai que deux exemples.

Les chefs d’établissements scolaires sont censés appliquer le plan Vigipirate et vérifier l’identité de ceux qui pénètrent au sein de l’établissement. Las ! Dès qu’arrive la période des examens, les filles à qui on a interdit le port du voile durant l’année se trouvent autorisées à le porter ! La circulaire d’application 2004-084 du 18 mai 2004 ( JO du 22 mai 2004 ) précise que la loi de 2004 « ne s’applique pas aux candidats qui viennent passer les épreuves d’un examen ou d’un concours dans les locaux d’un établissement public d’enseignement. »

C’est-y pas beau, ça ? La loi s’applique uniquement selon certaines périodes de l’année ! Et comment doivent faire les chefs d’établissement pour appliquer les instructions officielles et vérifier que ces gentes demoiselles en niqab ne cachent pas d’armes sous leurs voiles ?

         Mystère.

Le deuxième exemple concerne nos photos d’identité. Pour qu’une photo d’identité soit valable, nous ne devons plus porter de lunettes, ni de couvre-chef ni même esquisser un sourire ! Car un sourire affecterait visiblement la perception que l’on donne de nous.

Je suis revenue de vacances. A la douane française – j’étais sortie de l’espace Schengen – je me trouvais juste derrière une femme voilée. Le douanier lui a-t-il demandé d’ôter son voile ?

Que nenni. La femme qui est entrée en France aurait tout aussi bien pu être sa sœur, sa mère, sa tante ou n’importe quelle femme ! Et d’ailleurs, n’était peut-être même pas une femme. Qui suis-je pour l’affirmer ?

Mais d’un autre côté, je comprends le douanier. Le seul fait de demander à une femme d’ôter son voile peut conduire à un incident majeur avec menaces de mort.

Témoin ce qui est arrivé le 13 avril 2016 à Marseille, dans le quartier de la Rose. Alors qu’une femme en voile intégral venait pour retirer son passeport, les agents du bureau, comme le veut la législation, lui ont demandé de retirer son voile pour comparer sa photo avec son visage. Les enfants de cette femme sont venus menacer de mort le personnel « en disant qu’ils allaient faire sauter le bureau à l’aide des djihadistes ». L’histoire ne dit pas si la femme voilée a pu retirer son passeport sans montrer ultérieurement son visage. Mais on peut penser que oui.

Les injonctions paradoxales : combattez les islamistes mais surtout laissez les faire !

Toutes les autorités participent – volontairement ou non – à ces petits accommodements avec la loi française. Et notre Moi-Président Hollande n’est pas en reste.

Qui d’autre que lui a donné la Légion d’Honneur le 4 mars 2016 au prince héritier d’Arabie Saoudite alors même que ce pays est l’un des plus anti-démocratiques qui soient et dont les liens avec le terrorisme international n’est plus à démontrer ? N‘est-ce pas grâce aux autorités françaises qu’en contradiction avec la loi (dite française), cette même famille saoudienne a interdit l’accès d’une plage publique aux baigneurs à Vallauris ?

Et que fait-on, si ce n’est prolonger un état d’urgence qui a démontré les preuves de son inefficacité ? Et pendant que tout le territoire national est assujetti à l’état d’urgence, aux différents plans Vigipirate, aux mesures de sécurité, nous ne pouvons que constater une chose :

L’état d’urgence n’a pas empêché Adel Kermiche d’égorger de sang-froid le 26 juillet un prêtre dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray. Il était d’ailleurs fiché S, avait fait deux tentatives ratées pour rejoindre la Syrie et portait un bracelet électronique qui ne fonctionnait que par intermittence !

Non, mais il a permis de dynamiter nos institutions et nos fêtes.

Des milliers de communes – dont Marseille, la 2e ville de France – se sont vues privées cette année de la célébration de la fête nationale du 14 juillet et de la fête du 15 août, l’Assomption sans aucun doute mais aussi la commémoration de la Libération d’août 1944 – et des festivités qui allaient avec.

A l’intégriste, la fiche S et la liberté ; aux dirigeants, le mépris de la « France d’en bas » au motif qu’elle est intolérante et raciste alors même qu’elle se fait assassiner.

A l’intégriste, la fiche S et la liberté pleine et entière d’imposer ses diktats par la force et de tout faire sauter.

Au citoyen lambda, les fouilles et le torpillage répété de ses fêtes nationales, de ses églises, de ses journaux, de ses salles de concert, de ses affiches, de ses écoles, de ses loisirs, de ses valeurs et de tous ceux qui de près ou de loin s’y apparentent.

Aux dirigeants, à certains intellectuels dits de gauche et aux stars du foot, le soutien continu et affirmé à des croyances aux antipodes des valeurs républicaines par le mépris de « la France d’en bas » au motif qu’elle est intolérante et raciste alors même qu’elle se fait assassiner.

Mais j’ai une autre proposition à faire à qui ne saurait attendre de voir si le vivre ensemble finira par se faire ou non. Mettons notamment Mmes Najat Vallaud-Belkacem l’été prochain pour qui « les lois anti-burkini libèrent la parole raciste », Marisol Touraine qui acquiesce haut et fort et Clémentine Autain laquelle affirme pour sa part que « le burkini est instrumentalisé dans une logique de chasse aux musulmans » en situation réelle. A savoir, un salaire de 1160 euros par mois pour un travail à plein temps à la mairie de Marseille par exemple, un loyer modéré dans les quartiers nord de Marseille ( je m’offre même à leur chercher un appartement ) et voyons ce qu’elles auront à dire sur la « logique de chasse aux musulmans » au bout de trois mois.

Mme Vallaud-Belkacem devrait particulièrement apprécier le « choix » qui sera le sien en tant que Marocaine de culture et de naissance concernant sa tenue vestimentaire, la liberté de ses mouvements, la possibilité de ne pas faire le ramadan ou de le rompre avant le coucher du soleil, de se maquiller, d’aller boire un café seule à une terrasse de son quartier ou encore de voir les hommes refuser de lui serrer la main tandis qu’elle devra baisser les yeux en signe de respect.

Peut-être alors Mmes Vallaud-Belkacem, Touraine et Autain comprendront-elles ceci : le burkini n’est pas un maillot de bain intégral ; c’est l’étendard des islamistes !

Eût-il existé au XIIIe siècle – ce que j’ai bien conscience d’être un anachronisme – le Conseil d’État aurait sans nul doute stipulé qu’on ne pouvait pas interdire à quelques hommes armés de croix de dresser des bûchers et que ce n’était pas parce que l’on était grand Inquisiteur qu’on allait pour cela commettre quelques massacres. Après enquête, il aurait exonéré Arnaud-Amaury, abbé de Citeaux, légat du pape et chef de la croisade  d’avoir lancé : « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens » au motif qu’il n’y avait plus aucun témoin vivant pour l’affirmer. Il aurait simplement déploré le massacre de quelques milliers de personnes en l’église de Béziers comme une chose bien regrettable. Et on aurait installé l’état d’urgence dans tout le Sud-Ouest, ce qui bien entendu n’aurait pas empêché les bûchers de Montségur et de Minerve, et ce, d’autant moins qu’on avait tout intérêt à ce qu’ils se produisent, vu tous les bénéfices qu’on en tirait.

En attendant les bûchers ou le prochain attentat, l’Arabie Saoudite fait quand même la loi chez nous. Remarquez, elle n’est probablement pas la seule.

En ce mois de septembre 2016, une princesse saoudienne a donné l’ordre à son garde du corps de battre à mort un artisan local dont elle n’était pas satisfaite. Puis elle lui interdit de remettre le pied « dans tout le 16e arrondissement de Paris. » Après enquête – j’aime la justice française, à nulle autre l’égale – seul le garde du corps fut arrêté. « La princesse saoudienne, fille unique du roi Salman d’Arabie saoudite, a pour sa part été relâchée après avoir été placée en garde à vue dans un premier temps ».13

Finissons gaiement ! Et c’est sans doute l’humoriste algérien Fellag qui mérite de clôturer le débat.

Le 23 avril 2016, il donnait un spectacle à Marseille qu’il acheva par ces mots qui furent d’autant plus applaudis qu’on les trouvait très drôles « La première fois que je suis venu en France, » dit-il, « j’ai compris que la France, c’est l’Algérie française qui a réussi. »

A peine fûmes-nous dehors que flottait déjà un parfum de malaise. Bien qu’aucun de nous ne l’exprimât à haute voix, je sentais que nous étions nombreux à nous dire.

Bon sang, si c’est là une réussite, qu’est-ce qu’on aurait dégusté en cas d’échec !

Et les plus pessimistes pensaient déjà à demander le statut de réfugié politique à Angela Merkel.

Laurence Esbuiée © Juin – octobre 2016

1Parodie des «  Lettres Persanes » de Montesquieu, « Comment peut-on être Persan ? »

2 Cité par l’Equipe, le 26/5/ 2016

3 Marca ( quotidien sportif de Madrid) le 01/06/2016

4Le Parisien, 11 juin 2016

5Définition du Petit Robert

6Tract syndicaliste du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires, 31 mars 2016

7 Courriel de « M. » reçu le 1er mai 2013. « M » a censément fui le FIS dans les années 90 et depuis vit en France.

8Ecrit partiellement au lendemain des attentats de Nice du 14 juillet 2016

9J-J Rousseau «  Du Contrat Social », chapitre IV sur l’esclavage

10« Petit Traité de Manipulation à l’usage des honnêtes gens » Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, Presses universitaires de Grenoble

11« acte sexuel relevant du militantisme » voir la plaidoirie de Yasmine Attia sur « le Jihad au féminin »

12La Provence : « Le sein recouvert qui fait polémique » 4 septembre 2016

13Direct Matin, 2 octobre 2016