Baisse des résultats scolaires

Depuis 15 ans, on ne cesse de dire – et de prouver – que le niveau d’études baisse. Ainsi une étude universitaire portant sur la tranche 1987-2005 et datant de 2009 prouve que le niveau des collégiens de 5e équivalait en 2005 à celui des CM2 de 1987, notamment en orthographe.1

Et vous pouvez me croire ou non sur parole, quinze ans plus tard, la situation s’est nettement aggravée. Bien des élèves de 5e – pourtant nés dans un milieu où le français est la langue maternelle – ne savent ni lire ni écrire correctement. Parfois ne savent même pas lire du tout ou ne savent pas distinguer le sujet d’un verbe.

Et l’apprentissage du français n’est pas seule en cause.

L’étude Cedre Mathématiques, publiée par le ministère de l’Éducation Nationale, indique que le niveau des élèves de CM2 a tellement baissé en mathématiques entre 2014 et 2019 qu’ils perdent 17 points sur leur score final.2

Mais je veux vous parler de mon expérience personnelle.

Il se trouve que j’ai déménagé. J’ai donc muté au sein de l’Éducation Nationale et me suis retrouvée pour la première fois en deux décennies en collège.

Ce fut un choc violent dès la pré-rentrée. Deux choses me sidérèrent de prime abord et me firent craindre le pire.

Faisant la connaissance de la coordinatrice de ma matière, je lui soumis mon idée de faire un petit contrôle de connaissances – non noté, je tiens à le préciser – pour évaluer le niveau des élèves. Cela me paraissait naturel… après tout, il y avait eu le confinement et certains élèves avaient dû se retrouver totalement ou partiellement déscolarisés.

Elle me regarda avec horreur, comme si j’avais émis une obscénité, et me conseilla plus que vivement de n’en rien faire. Ce serait mal perçu et contre-productif. Il s’agissait de ne pas s’aliéner les élèves dès la rentrée, me dit-elle avec une insistance qui était à la limite du péremptoire.

J’avoue que je ne compris pas. Comme l’évaluation était à but pédagogique pour pouvoir adapter mes cours à leur niveau et qu’elle ne serait pas notée, je ne voyais pas en quoi les élèves pouvaient m’en tenir rigueur.

Mais je décidais sagement de prendre le conseil au sérieux. Peut-être y avait-il une loi tacite locale contre les évaluations formatives. Et je remisais donc les tests que j’avais préparés.

J’allais devoir me diriger à l’aveugle.

La deuxième chose qui me frappa, ce fut le discours de la Principale lors de la pré-rentrée. Apparemment, il y avait des cas spéciaux à prendre en compte. Je notais consciencieusement tous les sigles, sans trop savoir si j’allais vraiment en avoir besoin ou non.

Naïve que j’étais !

Il y avait les PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) pour les élèves reconnus handicapés comme par exemple par une dyslexie lourde, les PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) pour les élèves atteints de troubles de l’apprentissage, les PAI (Plan d’Accueil Individualisé) pour les élèves atteints de pathologies chroniques, les PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Scolaire) pour ceux qui sont en échec scolaire, les ULIS (Unités pour l’Inclusion Scolaire) pour les illettrés, les autistes ou ceux atteints de troubles cognitifs, les UPE2A pour les primo-arrivants….

Quand un peu plus tard, je partis chercher la liste de mes classes, je faillis tomber à la renverse en constatant qu’un élève sur quatre relevait d’un des dispositifs susmentionnés.

Un quart des élèves !

Vous voyez les parents qui en fin d’après-midi s’agglutinent devant les écoles primaires pour venir chercher leur rejeton ? Puis, la porte s’ouvre et les gamins sortent en criant à tue-tête. Et bien, maintenant, regardez la scène et imaginez qu’un gosse sur quatre sera incapable de suivre un cursus normal….

Je suis passée devant une telle école et j’ai été épouvantée. Et pour tout dire très démoralisée.

Comment en étions-nous arrivés là ?

Telle est la question que je posais à ma collègue. « Mais c’est que nous détectons plus qu’autrefois. » me répondit-elle, d’un ton légèrement condescendant.

Je n’ai pas commenté.

Ma sœur est dyslexique. Elle a réussi le concours de l’ENA. Aujourd’hui, il est probable qu’elle saurait à peine lire et écrire.

Tel, du moins, fut mon sentiment.

Au fond, le système scolaire d’aujourd’hui reflète celui du ministère de la Santé : on supprime des hôpitaux puis on déclare qu’il n’y a plus de lits en réa et nous sommes priés de porter le masque pour nous empêcher d’attraper une maladie qui, correctement traitée, ne serait pas pire que la grippe. On fait passer des milliers de tests pour découvrir que la plupart sont des malades asymptomatiques c’est-à-dire qu’ils ne sont pas malades du tout ! Mais cela accrédite l’idée de pandémie et on ferme donc tous les bars, restaurants pour faire bonne mesure.

Ainsi en va-t-il de l’Éducation Nationale.

On a enlevé le redoublement qui permettait à des élèves plus lents que les autres d’acquérir les bases en deux ans au lieu d’un – économies obligent – puis on a fait passer les élèves dans une classe supérieure en raison de l’âge et non de leur niveau puis, arrivés en collège, on décide de ne pas les ostraciser en les incluant dans les classes – c’est la fameuse inclusion scolaire – et au final on les déclare « handicapés » ou atteints de troubles de l’apprentissage pour expliquer leurs fragilités auxquelles on n’a pas voulu remédier.

Et alors on applique des mesures qui ne coûtent rien et qui ne produisent aucun résultat.

Au lieu de noter les élèves, nous leur donnons des couleurs ou mieux encore, on inscrit Non Noté tout le trimestre à chaque évaluation puis on remplit sur le bulletin les cases des « compétences acquises » pour accréditer l’idée que l’élève en question est sur la bonne voie.

Autre variante plus pédagogique, on oblige les élèves à lire un quart d’heure par jour un livre de leur choix en classe pendant les cours.

Un vrai régal, je peux le certifier. La plupart sortent leurs livres et se contentent de l’ouvrir et de le fixer pendant un 1/4 d’heure sans lire un mot… De toute manière, aucun suivi n’est fait quant à leur compréhension du livre qu’ils sont censés lire quotidiennement.

Mais les écrans sont pour beaucoup non seulement dans la baisse du niveau mais aussi dans celle de la réflexion pure. La moitié des élèves de collège ne sont pas capables de comprendre des énoncés simples donnés en français courant. C’est comme si on leur avait grillé les neurones. Il suffit de faire un petit sondage pour s’en convaincre : en plus des cours, les élèves passent à peu près cinq heures en moyenne par jour sur leurs portables à jongler entre Instagram et je ne sais quel jeu en ligne. Ils manquent de sommeil, sont abrutis ou énervés et donc dans l’incapacité de se concentrer.

Mais il est possible que les vaccins aient un rôle à jouer dans le handicap scolaire et notamment dans l’autisme comme le soulignent beaucoup de soignants. Et quand on songe que Macron a rendu 11 vaccins obligatoires, on frémit rien que de penser à l’hécatombe future.

 

Macron, avec ses 11 vaccins, devra rendre des comptes, n’en doutons pas. Nous fabriquons des autistes à la pelle, j’en suis persuadée.

Les ministres de l’Éducation Nationale devraient aussi, à mon humble avis, être mis sur la sellette.

Il n’est que de voir le calamiteux bilan de Najat Vallaud-Belkacem pour s’en convaincre.

https://esbuiee.fr/le-calamiteux-bilan-de-nvb/

Mais le bilan de Blanquer sera aussi désastreux, n’en doutons-pas.

Sinon, comment expliquer que les élèves soient autorisés à lancer des chaises en classe ? Comment peut-on expliquer que les impôts des Français financent ce genre de comportement ? Que nous puissions tolérer ça jour après jour ?

 

Quoi qu’il en soit, quelle est la décision de Macron face à l’évidente baisse des résultats et des compétences scolaires des élèves ?

Leur faire apprendre l’arabe, tout simplement. Introduire l’arabe dans le programme scolaire. Une solution aussi préconisée par la NVB en son temps. Nul besoin de remédier à la situation actuelle ou de revoir les priorités.

Que nenni !

Sa priorité numéro 1, c’est l’enseignement de l’arabe dans les écoles françaises.

« Enseigner davantage la langue arabe à l’école ou dans un périscolaire que nous maîtrisons car notre jeunesse est aussi riche de cette culture plurielle. L’État doit également s’engager et soutenir ce qui doit, dans notre pays, permettre de faire émerger une meilleure compréhension de l’islam. » a dit Macron le 2 octobre 2020.

On remarquera au passage l’agrammaticalité de la première phrase du président. Mais bon, quand on est Jupiter, on peut tout se permettre, notamment de ne pas savoir parler le français correctement.

On ne peut guère l’en blâmer. Après tout, les profs y sont sans doute pour quelque chose. Et quand on se rappelle qu’il a eu la Trogneux pour prof avant de l’avoir pour épouse, on ne peut que l’excuser.

Et puis, on se souvient de la Najat Vallaud-Belkacem, souriante de toutes les dents de son visage poupin, qui en janvier 2017 dans un établissement scolaire, avait été incapable d’écrire le mot « professionnalisme ».

Mais Blanquer a fait pire dernièrement :

 https://twitter.com/MidiLaurence/status/1309022637788745731

Je ne trouve pas de conclusion adéquate. Que dire ?

Si l’élite est incapable d’écrire ou de s’exprimer en français correctement, comment l’exiger du peuple ?

Ou :

Au fond, le français et les maths, on s’en fout. On a l’arabe.

Laurence Esbuiée © 6 octobre 2020

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Notes :

1https://www.lemonde.fr/societe/article/2007/02/08/orthographe-les-collegiens-de-cinquieme-sont-tombes-au-niveau-des-eleves-de-cm2-de-1987_865096_3224.html

2https://www.ladepeche.fr/2020/10/01/le-niveau-baisse-en-maths-en-primaire-arriverez-vous-a-resoudre-ces-problemes-de-cm2-9110109.php