Élections 2022 : Macron, ré-élu président !

Mai 2022, 21 heures, BFMTV, France Info, LCI proclament les résultats : Macron est élu à 66,8 % des voix, battant son propre record de 2017 et c’est un Macron souriant qui descend les Champs-Élysées, saluant la foule venue l’acclamer.

Prémonition ? Vision prophétique ? Souhait personnel ?

Pas du tout.

Faisceau d’indices, c’est tout. Tout converge vers la ré-élection de Macron en 2022 et j’en ai eu la certitude dès que j’ai appris qu’à 7 heures du matin le 26 mai 2019 avant même que les bureaux de vote ne soient ouverts, le journal le Parisien publiait les résultats du scrutin des élections européennes.

Ils sont remarquables de sagacité, au Parisien, car non seulement ils publiaient les résultats des élections dans l’ordre mais encore ils avaient deviné que EEVL arrivait en 3e position, chose que n’avaient pas prévu les sondages. La France s’éveillait à peine qu’Olivier Corsan savait déjà avant nous autres électeurs quel bulletin nous allions mettre dans l’urne.

Alors à moins que le Parisien n’ait une machine spatio-temporelle ultra-secrète, le fait interroge.

Élections truquées est la première chose qui vient à l’esprit et nous connaissons mille procédés pour truquer les élections – du moins celles qui ont déjà été utilisées – et qui vont de la chaussette remplie de bulletins pour le maire sortant à l’étrange devoir civique effectué par nos chers disparus.

Mais là, nous sommes un cran au-dessus. Nous ne sommes pas dans la simple magouille, la petite arnaque locale ou le Parisien n’aurait pas eu les clefs nécessaires au déchiffrement dans sa globalité.

Que LREM soit arrivée en 2e position et talonne le RN aux Européennes est déjà étonnant quand on songe à l’ampleur de la contestation : les urgentistes et infirmiers sont en grève, les ambulanciers sont en grève, les profs sont en grève, toute la France, ou peu s’en faut, s’est drapée de jaune à un moment ou à un autre lors des six derniers mois. Prenons la Gauloise réfractaire de base que je suis, je ne connais personne qui ait voté Macron.

Ceci dit, arriver en 2e position, c’est même mieux que d’arriver 1e. Car étrangement LREM aura, quand enfin les Britanniques seront parvenus à s’auto-brexiter, un siège en plus que le RN arrivé en tête !

Je sais, c’est très bizarre, mais c’est ainsi que la fameuse démocratie européenne fonctionne : les têtes de liste ont moins de sièges au final que les seconds couteaux.

https://www.liberation.fr/checknews/2019/05/29/europeennes-pourquoi-lrem-aura-deux-deputes-de-plus-apres-le-brexit-contre-un-seul-pour-le-rn_1730106

La logique ne peut expliquer le succès de Macron alors même qu’il atteint des records d’impopularité inégalés jusque là par aucun autre président. Alors comment l’interpréter ?

M’est revenu en mémoire ce post sur les réseaux sociaux dont j’ignore l’auteur : « We don’t live in a dictatorship thankfully. We only live in Inverted Totalitarianism – ruled by the anonymous corporate state. »

Cette citation m’avait tellement plu que je l’avais notée et je ne puis résister à l’envie de la partager avec vous aujourd’hui : « Nous ne vivons pas en dictature, heureusement. Nous vivons seulement dans un totalitarisme inversé – gouvernés par le corporatisme anonyme d’État »

Or qu’est-ce qu’un corporatisme d’État ? C’est là que le bât blesse car les mots ne semblent pas avoir la même définition selon l’ouvrage de référence.

D’après le Thésaurus, il s’agit du contrôle d’un état par de larges groupes d’intérêt. Pour le dictionnaire Oxford, là encore il s’agit d’un état gouverné par des représentants des sociétés, où le gouvernement, sans disparaître dans les faits, fusionne avec les sociétés et multinationales.

Et ça n’étonnera personne que pour le magazine Forbes, le corporatisme d’état, c’est une politique menée par un gouvernement qui exerce un contrôle strict sur une économie tout en maintenant une façade artificielle d’entreprises dites privées.

Le curieux, c’est que tous s’accordent à dire que le corporatisme d’état, c’est de la dictature.

Ce fut en 2003 que Sheldon Wolin a introduit le néologisme « totalitarisme inversé » pour décrire ce que nous vivons aujourd’hui et qui débuta aux États-Unis dès la fin du XXe siècle : une « démocratie » managériale mise en œuvre par des moyens dictatoriaux. Pour pouvoir exister, ce monde anonyme se dote d’ennemis qu’il lui faudra renverser et pour ce faire, demande et se voit accorder les pleins pouvoirs.

On comprend mieux la tirade de Gilles Boyer  selon laquelle un « maire élu sans le soutien de LREM sera un ennemi du président. » Cette diatribe présuppose que Macron sera ré-élu en 2022 avec ou sans l’aval du peuple et pourra se permettre de traiter les futurs maires d’ennemis et de dissidents dès lors qu’ils ne s’afficheront pas LREM.

Mais Wolin va plus loin qui remarque justement que ce sont les multinationales qui ont perverti la démocratie. On le voit tous les jours dans la réalité : Monsanto a fini par repousser l’interdiction du glyphosate jusqu’en 2022, Zuckerberg a été reçu en mai comme un chef d’état par Macron, les GAFA ne paient pas leurs impôts ou alors ne donnent qu’une obole et ce sont aux grands magnats tels que les Rothschild que Macron doit sa présente bonne fortune : il n’est qu’un pion sur un échiquier qu’il ne contrôle pas.

Il est intéressant de constater que lorsqu’il n’était encore que ministre, Macron déjeunait une fois par semaine chez Bernard Arnault, la plus grande fortune de France et l’heureux propriétaire actuel du Parisien qui semble lire l’avenir. Il est tout aussi intéressant de lire que d’après Jean-Marie Charron, Macron n’est autre que la marionnette de Bernard Arnault qui l’aurait pour ainsi dire intronisé avant de le placer sur le trône de France. i

« Aussi, pour financer son raid audacieux sur l’Élysée, son mouvement s’était-il lancé, à la manière d’une start-up, dans une course aux fonds privés, mobilisant ses réseaux dans la nouvelle économie et dans la haute finance. » Ainsi débute un article de SFRpresse qui se base lui-même sur un article du JDD sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron :

https://sfrpresse.sfr.fr/article/6c2120d6-cf3b-4429-abb5-301c3477e023

Les mots « start-up » et « raid » sont d’autant plus intéressants qu’ils font directement référence au lancement agressif d’une campagne de pub pour un nouveau produit. Or d’où viennent les fonds de la campagne de Macron ? En tout, 14 % des dons viennent de l’étranger, USA, GB, Liban et Suisse, soit 1,8 millions d’euros. Macron est le produit marketing qui a été mis sur le marché par les grands patrons dès 2012 pour vendre la France par petits bouts : Alstom lorsqu’il était ministre, puis ADP, puis la FDJ, puis au fond tout ce qui restera….

Quand Macron a réuni à Versailles 150 grands patrons français et étrangers, en janvier 2019, ce n’était pas pour les convaincre d’investir en France comme le veut la rumeur officielle mais bien parce que ce sont les multinationales qui gouvernent en France et qu’elles ont élu Macron pour mener à bien une dictature dite douce qui va jusqu’à l’utilisation contre le peuple d’armes de guerre comme le LDB. D’ailleurs le Figaro nuançait : « Pour la majorité des participants, il s’agissait d’une halte sympathique sur le chemin du forum de Davos, en Suisse. »

Un banquet entre copains, quoi !

Quand en avril 2017, 300 salariés de Whirlpool d’Amiens sont menacés de licenciement, Jacques Attali déclare que «C’est une anecdote (… qui ) s’inscrit dans un contexte de la mondialisation.»

On ne saurait être plus clair.

Ce qui n’est pas une anecdote, ce sont les milliards donnés aux grands patrons : 40 milliards de CICE, la suppression de l’ISF, les cadeaux comme le mariage princier de Carlos Ghosn « organisé sans facturation à Versailles », les parachutes dorés comme celui de 36,8 millions d’euros d’indemnités de départ du patron d’Airbus, Tom Enders en avril dernier.

Si l’on avait encore des doutes, il suffirait de se remémorer que le mouvement En Marche fut hébergé au domicile particulier du directeur de l’Institut Montaigne, proche du Medef, comme l’avait découvert Mediapart. « Quant au directeur de l’Institut Montaigne Laurent Bigorgne, il faisait partie, en 2015, de la dizaine de Français invités à participer au très restreint groupe Bilderberg, forum qui passe pour être une version “top secrète” de Davos. » comme le souligne L’Express. ii

Dix milliardaires ont ainsi mis main basse sur les journaux, les chaînes de télévision et les radios, mettant à mal la liberté de la presse. En tête on retrouve les plus grandes fortunes de France, Bernard Arnault, Serge Dassault, François Pinault, Patrick Drahi, Vincent Bolloré, Xavier Niel. Gageons que tous ont mis la main à la poche pour financer la campagne de Macron qui a bénéficié d’une surmédiatisation inconnue jusque là : «  Les quotidiens Libération, l’Obs, le Monde et l’Express totalisent plus de 8,000 articles évoquant Emmanuel Macron de janvier 2015 à janvier 2017 ; à titre de comparaison, la totalité des articles évoquant Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon dans les mêmes quotidiens et sur la même période de temps ne s’élève qu’à 7,400. » iii

Et si l’on rajoute qu’il n’y a plus pratiquement de séparation des pouvoirs, avec un Parlement et un pouvoir judiciaire quasiment aux ordres du Président, c’est un siphonnage en règle de la République auquel on a droit depuis 50 ans. Macron en est l’apothéose : nul autre n’a montré autant d’empathie pour la racaille, fût-elle en col blanc ou en Nike Air force et Rebook.

Ce n’est pas un hasard si les grands groupes de la Silicon Valley, après avoir phagocyté ce qui restait de pouvoir étatique dans le monde, envisage à présent de créer leur propre monde sous-marin, modelé à leur image, loin des côtes et du regard des manants.

Alors le corporatisme d’état ou plus exactement le monde para-étatique des multinationales est-il en train de nous doter d’une dictature en marche ?

On a dit souvent qu’Israël n’était pas un état qui s’était doté d’une armée, mais d’une armée qui s’était dotée d’un état.

Les milliardaires en France ou ailleurs dans le monde nous ont dotés d’un président qu’ils ne sont pas près de lâcher. Voilà pourquoi oui, Macron sera élu en 2022, qu’on le veuille ou non.

Et même une révolution ne changerait rien à la donne. Gageons qu’ils l’ont prévue, comme ils prévoient des licenciements de masse.

La seule et unique chose qui pourrait empêcher la ré-élection de Macron en 2022 ne sera pas les urnes : ce serait l’effondrement du système mondial que l’Institut Montaigne et le Medef représentent.

L a question est : Qu’en pense Olivier Corsan du Parisien ?

Laurence Esbuiée © 04 juin 2019

ihttps://blogs.mediapart.fr/jean-marie-charron/blog/130419/la-strategie-du-couple-bernard-arnault-brigitte-macron

iihttps://www.lexpress.fr/actualite/politique/macron-son-mouvement-en-marche-intimement-lie-a-l-institut-montaigne_1780429.html

iiihttps://lvsl.fr/medias-ont-fabrique-candidat-macron