Macron : c’est l’histoire d’un mec….

« C’est l’histoire d’un mec… Vous la connaissez, non ? C’est l’histoire d’un mec, pas… non…. Je veux dire, normal quoi… Blanc. Oui parce que ça dépend des mecs. C’est l’histoire d’un mec, bon d’accord, si on veut… qui était sur le pont de l’Alma. Et qui regarde dans l’eau, le mec. Ben, moi j’y croyais pas mais j’ai été voir et ben, c’est vrai. Y a deux mecs maintenant… Donc vous prenez des notes parce que je vais pas répéter. Non, suivez, merde. Moi,  je la connais. Et il lui dit : « Qu’est-ce que vous faites à regarder dans l’eau? » Et l’autre, le Suisse, lui dit : « Je suis emmerdé car j’ai laissé tomber mes lunettes dans la Loire !» Faut pas prendre des Suisses que pour des cons ; y a des Belges dans le tas. L’autre lui dit : « C’est pas la Loire, c’est la Seine » Non, elle est pas finie. Déjà on se fend la gueule. Et l’autre lui dit : « Oh, vous savez, moi, sans mes lunettes… » Elle est rigolote, non ? »

         Sketch de Coluche, 1974

Bon, alors c’est l’histoire d’un mec qui s’appelait Griveaux … mais vous la connaissez, non ? Bref, l’autre mec aussi a un nom, il s’appelle Piotr Pavlenski, et le mec, il n’est pas Suisse mais Russe et le fleuve dans l’histoire s’appelle Internet et les lunettes…

Bon, elle n’est même pas rigolote au fond, cette histoire-là. Mais elle ne se termine pas sur une boutade. Bon, vous suivez, quoi ? Car il y a une suite… C’est l’histoire d’un 3e mec qui arrive et lui dit : « T’as rien à faire sur le Pont de l’Alma » et qui jette le pauvre Griveaux à l’eau pour le remplacer par Agnès, laquelle pleure de devoir quitter l’hôpital pour le Pont de l’Alma.

Il faut dire qu’Agnès avait du chagrin d’avoir «vécu l’une des plus belles aventures humaines » en dynamitant l’hôpital dont elle avait la charge et de devoir laisser l’hallali à un autre. Heureusement, Agnès avait eu la bonne idée de mettre des affichettes dans les lieux publics en guise de prévention contre un virus chinois avant de devoir s’attaquer au Pont de l’Alma.

Entre-temps, le 3e mec, qui s’appelle Macron, s’en prend vertement à un autre Russe dénommé Poutine – lequel était carrément à 3 000 kms de là sur un pont de la Moskova – en l’accusant d’avoir jeté les lunettes de Griveaux dans la Seine. Et alors même que le 3e mec accuse le 4e mec d’avoir fait tomber le pauvre Griveaux dans le caniveau, il décide aussi de s’en prendre à l’anonymat des réseaux sociaux parce que si les mecs ont tous un nom, il n’y a rien de plus exécrable que l’anonymat des gouttes d’eau sous le Pont de l’Alma.

Quoi qu’il en soit, la mésaventure de Griveaux sur le Pont de l’Alma fut largement relayée par le député des Français de l’étranger, un certain Joachim Son-Forget, friand de prétérition. C’est pourquoi le mec Joachim ne devait cesser de condamner violemment toute attaque contre son ami Ben tout en donnant le lien qui menait à sa déconfiture.

Il faut dire que ledit Joachim était aussi très copain avec un certain Alexandre Benalla, dont le 3e mec affirmait qu’il avait été son garde-du-corps mais pas son amant et qui prenait plaisir à tabasser les gens que défendait le 7e mec.

Bon, vous suivez, là ou quoi ? C’est pourtant simple.

Si on laisse le 4e mec sur le pont de la Moskova, ça nous laisse avec Joachim le 5e mec qui, comme Iznogoud, voulait être calife à la place du calife avec l’aide du 6e mec Benalla lequel ne pleurait point la perte de son coffre-fort.

Mais là où l’histoire se corse ( Bon sang ! Faites un effort ! Non, il n’y a pas de Corses dans l’histoire, enfin pas pour le moment ) là où l’histoire se corse, c’est que 3e mec, aussi connu sous le nom de N’djekouale, « le faiseur de paix » avait beaucoup d’opposants – ce que son surnom n’aurait jamais laissé croire – dont un Espagnol du nom de Juan, jeune avocat très connu du grand public.

.En bref, Juan Branco, un mois avant la perte des lunettes de Griveaux, avait passé le Réveillon de la Saint-Sylvestre en compagnie de Piotr et de sa nouvelle compagne Alexandra, laquelle n’était autre que celle pour qui le pauvre Ben avait perdu ses lunettes.

N’djekouale fit arrêter Piotr au motif que celui-ci avait tenté de poignarder deux des invités durant la nuit de la Saint-Sylvestre tout en interdisant à Juan Branco, le 7e mec de venir au secours juridique du 2e mec, le Russe Piotr parce qu’il ne le croyait pas innocent dans cette sombre affaire de lunettes sans pouvoir toutefois l’en accuser directement. La pauvre Alexandra, brillante étudiante en droit de 29 ans, finit par le rejoindre en GAV pour avoir négligemment fait fuiter la vidéo des lunettes à l’insu de son plein gré, et ce, après l’avoir gardée au chaud pendant près de deux ans.

Puis le point de mire fut Appoline à qui l’on reprocha d’avoir durement parlé au pauvre Juan au point de pratiquement aider l’accusation dans son réquisitoire alors qu’elle n’était que journaliste. Et le public, dans sa haine d’Appoline, occulta le rôle trouble de l’avocat qui avait pourtant admit à Vécu, un média alternatif, « ce qu’on a fait, on l’a fait sans haine. »

Heureusement, Sibeth finit par réconcilier tout le monde en affirmant qu’elle ne voulait pas verser dans le complotisme, mais qu’il fallait reconnaître qu’il y avait « une certaine forme de technicité pour mettre en oeuvre tout cela », accréditant la thèse du 3e mec selon laquelle le Russe Poutine était bien derrière toute l’affaire. La déclaration fit s’esclaffer jusqu’à l’arrière-ban tant il fallait peu d’expertise dans le maniement des lunettes.

Et pendant que l’honneur perdu de la France depuis longtemps noyé en Seine n’intéressait plus personne, tranquillement le 3e mec continuait à siéger, en espérant qu’un virus chinois aurait raison de tous ceux qui, de près ou de loin, étaient liés aux réseaux sociaux et au Pont de l’Alma.

L. Esbuiée©17 février 2020