Le cas Taha Bouhafs

Photo prise à Nîmes.

Tout a commencé, concernant mon intérêt pour le cas Bouhafs, par le tweet d’une internaute qui, capture d’écran à l’appui, montrait qu’il l’avait bloquée sur Twitter et qui semblait s’en amuser beaucoup. Je fus surprise de voir le nombre de réponses de personnes qui, eux aussi, avaient été bloqués par Taha Bouhafs avec lequel ils n’avaient jamais communiqué, disaient-ils.

Par curiosité, j’ai vérifié mon propre compte. Quelle ne fut pas ma stupeur de constater que moi aussi, il m’avait bloquée alors même que j’ignorais pratiquement tout de son existence et qu’il n’était à proprement parler pour moi qu’une vague rumeur sur les réseaux sociaux.

J’avoue que ça a piqué ma curiosité. Pourquoi bloquer quelqu’un avec qui on n’a jamais correspondu et qui n’a tout juste que 100 abonnés sur Twitter et aucun compte Facebook? Quel intérêt ? Et quel journaliste irait jusqu’à bloquer des centaines de personnes inconnues de lui ? Car c’est bien cela qu’il prétend être : journaliste. Bizarre, me suis-je dit.

Alors naturellement j’ai cherché.

Sur Internet, on trouve tout ou presque. Et il y avait moult tweets du sieur Bouhafs. J’ai rapidement pu constater que son truc, c’était de faire le buzz grâce aux violences policières, même si il fallait pour cela inventer un blessé grave à Tolbiac, lequel n’avait jamais existé. Pour un journaliste, le nombre de fautes d’orthographe qu’il commet par ailleurs devrait être rédhibitoire. Visiblement, ça ne l’est pas.

Et c’est fou le nombre de photos qu’il a postées de lui. Visiblement, si un homme est amoureux de sa petite personne, c’est bien lui.

Je sais que c’est idiot mais j’ai eu une pensée pour Banksy. L’un – un journaliste auto-proclamé, qui ne pouvait twitter sans employer de GIF ou faire de fautes d’orthographe, n’avait de cesse de se mettre constamment en avant ; l’autre un artiste engagé, un vrai militant, se cachait derrière un pseudonyme et demeurait si discret que personne n’avait jamais pu le prendre en photo. Deux hommes – un monde, une autre planète.

En effet, comment comparer l’artiste engagé qu’est Banksy avec le sulfureux Bouhafs, militant auto-proclamé, proche des salafistes, qui est fier de poster une photo de lui défilant dans Paris avec la tête en carton de Marine le Pen plantée au bout d’une pique, qui co-organisa la Marche de la Honte en novembre dernier et est l’ami fidèle de Madjid Messaoudene, élu au conseil municipal de Saint-Denis ?

Pour rappel, Messaoudene, c’est celui qui, en 2012, blaguait sur le meurtre d’enfants juifs par le terroriste islamiste Mohammed Merah. « Le présumé tueur n’est pas resté casher très longtemps ». (sic)

Cela pose question. Comment un Messaoudene peut-il ironiser sur le meurtre d’enfants juifs, être élu au conseil municipal quelle que soit la ville et organiser une marche contre l’islamophobie sans que personne y trouve rien à redire ?

Et naturellement ça en dit long sur Bouhafs également. Ses engagements et ses priorités. Selon « Marianne, » Taha Bouhafs s’illustre régulièrement par des propos agressifs envers les « Blancs ».

C’est le genre à propager les thèses indigénistes .

Les thèses indigénistes : Théories fumeuses propagées par les Africains musulmans qui se réfugient en France et qui viennent lui reprocher d’être raciste envers eux les « colonisés » alors même qu’elle leur a offert l’asile, le gîte, le couvert et toutes les aides sociales. Toute personne qui n’adhère pas aux thèses indigénistes est de facto un facho.

Bouhafs est plus connu pour avoir révélé l’affaire Benalla lors des événéments de la Contrescarpe. Que Bouhafs ait effectivement enregistré l’agression de Benalla envers des manifestants le 1e mai 2018, c’est un fait. Mais ce qu’on oublie toujours de mentionner, c’est que c’est « Le Monde » qui identifie, sur une vidéo, Alexandre Benalla, le protégé de Macron en train de frapper des manifestants affublé d’un brassard « police », lui qui n’est pas policier.

En fait, consciemment ou non, Bouhafs a été adoubé d’un mérite qui revenait en grande partie aux journalistes du Monde.

Venons-en à l’épisode cocasse de la venue au théâtre des Bouffes du Nord de Macron et sa femme le 17 janvier 2020. A 8 h 46, le « Comité de Grève du 12 arr. de Paris » tweetait :

« Alerte ! Urgent ! Info confirmée ! Macron vient d’entrer au théâtre des Bouffes du Nord pour assister à un spectacle ! Il se moque de nous ! Soyons toutes et tous devant dès maintenant pour l’accueillir comme il se doit !! » 1

Bizarrement, c’est le message de Taha Bouhafs, quelques minutes plus tard, qui devait faire le buzz :

« Je suis actuellement au théâtre des bouffes du Nord (Métro La Chapelle)
3 rangées derrière le président de la république.

Des militants sont quelque part dans le coin et appelle (sic) tout le monde à rappliquer.

Quelque chose se prépare… la soirée risque d’être mouvementée. » 2

On connaît la suite. Les GJ et militants anti-retraite se pointent. Et pour être honnête, si j’avais été à Paris ce soir-là, j’aurais moi aussi fait partie des manifestants. Macron, on n’en veut plus, non plus que de sa réforme des retraites. Et on veut qu’il le sache.

Quoi qu’il en soit, Macron et sa femme sont exfiltrés. Taha Bouhafs dès le lendemain est arrêté puis relâché.

La question que je me suis posée dès son arrestation est celle-ci : Comment Bouhafs a-t-il pu se retrouver précisément ce soir-là trois rangées derrière le président au théâtre des Bouffes du Nord ?

En fait, bien évidemment, et comme on pouvait le supposer, ce n’était pas un hasard. Bouhafs avait été rencardé. Contacté par CheckNews, il reconnaît s’être rendu au théâtre une fois informé de la présence d’Emmanuel Macron dans le public : «J’ai été informé au dernier moment – une heure avant – de la présence du président de la République dans ce théâtre. J’ai pris ma place dans la foulée. Je voulais voir ce qui allait se passer. » 3

Ce rencard pose une autre question. Qui lui a filé le tuyau ? Un proche du président ? J’ai des doutes. Un intermittent du spectacle ? C’est possible.

Mais il importe peu.

Deux nouvelles tombèrent simultanément les jours suivants :

  • D’après la DGSI 150 territoires français sont en ce moment même aux mains des islamistes qui infiltreraient tous les services. Bien entendu la nouvelle ne fit pas les gros titres et passa largement inaperçue.
  • Mila, une jeune lycéenne, a été menacée de mort et de viol des milliers de fois sur Internet pour avoir rejeté de manière plutôt virulente le dogme de l’islam « religion d’amour et de paix ». AUCUN POLITIQUE n’a bougé le petit doigt. Ceux qui avaient participé à la Marche de la Honte en novembre dernier, clamant leur peur de voir les musulmans « ostracisés », voire même « violentés » , les Manon Aubry, Caroline de Haas, les Mélenchon, Ruffin ( qui a signé l’appel mais préféré jouer au foot), les Clémentine Autain, Esther Benbassa, Eric Cocquerel, Ian Brossat, Olivier Besancenot, Philippe Martinez …, tous furent aux abonnés absents. On ne les a pas entendus. Hurler à l’islamophobie aux cris de « Allahu Akbar », ça ils savaient faire.  En revanche, pour de réels appels au meurtre d’une gamine de 16 ans, ce fut le black-out total.

Bien sûr, on me demandera : Quel rapport avec Bouhafs ? Je n’en sais rien. Juste une idée loufoque au hasard :

La France est au bord de l’insurrection. Tous les corps de métiers ont rejeté en bloc la fameuse arnaque de la réforme des retraites de Macron. Semaine après semaine, la France entière est dans la rue. Les médecins démissionnent, les avocats jettent leurs robes, les enseignants leurs stylos, les infirmières leurs blouses, les pompiers s’assoient par terre au son du hurlement des sirènes, les danseuses et les chanteurs de l’Opéra de Paris donnent des concerts gratuits sur le parvis, les étudiants refusent de passer leurs examens, les cheminots sont en grève, la RATP est en grève et bientôt les éboueurs s’y mettent aussi.

Nous sommes au bord de l’implosion. Et que fait Macron ? Il va au théâtre et devient lui-même acteur involontaire d’une scène montée par Taha Bouhafs.

Bouhafs, on l’a dit, est proche du salafiste Messaoudene.

Alors il m’est revenu en mémoire un attentat, celui de Lyon en mai 2019.

Mohamed Hichem Medjoub, Algérien arrivé en France en août 2017 avec un visa touristique valable 90 jours et toujours là 2 ans plus tard ainsi que toute sa famille, avait déposé son colis piégé le vendredi 24 mai 2019, deux jours avant les élections européennes.

Son but ? Permettre au RN d’obtenir le plus grand nombre de voix parce que le parti de Marine le Pen « est le seul capable d’emmener la France un jour en guerre et de déstabiliser le pays« . 4

Et c’est exactement ce que le sieur Bouhafs fait aussi. Déstabiliser le pays. Mais pas pour ouvrir la voie à plus de démocratie. Oh que non. Sa révolte à lui est bien claire et n’a rien d’une révolution du peuple souverain.

Si comme il le prétend, les émeutes urbaines de 2005 ont été pour lui un déclencheur, et si on prend au mot un de ces tweets « Je sais qu’en tant que musulman pratiquant, je coche quelques critères de signaux faibles de radicalisation », alors on peut être sûr d’une chose, tout comme Mohamed Hichem Medjoub, il n’attend qu’une insurrection pour tenter d’imposer la charia à travers la « taqîya » c’est-à-dire la dissimulation de l’envergure de la foi dans un but de conquête.

Bien sûr, je peux être en proie à la démence.

Mais quelqu’un qui bloque sur Twitter des milliers de comptes de gens qui ne l’ont pas offensé a certainement quelque chose à cacher. Et je serais curieuse quel tweet il a bien pu envoyer concernant Mila que la majorité de nous ne devait surtout pas voir et surtout ne pas relayer.

Mais au train où vont les choses, démence de ma part ou pas, dissimulation de la sienne ou non, on devrait tous être fixés avant la fin de l’année. La situation ne peut perdurer ainsi jusqu’en 2022.

Laurence Esbuiée©22 janvier 2020

Sources :

4 https://www.lyonmag.com/article/101517/attentat-de-lyon-le-terroriste-presume-a-donne-ses-motivations-aux-enqueteurs