Les années Gobi

Un jour, les générations suivantes se pencheront sur cette pandémie du Covid-19 et j’espère sincèrement que nos descendants nous jugeront sévèrement.

On peut être naïfs. On peut être dépassés par les événements. On peut éprouver de la peur qui est, comme chacun sait, mauvaise conseillère. Mais être tout cela à la fois à un degré inégalé dans l’Histoire, pose un sérieux doute sur nos capacités cognitives. Sommes-nous devenus complètements, irrémédiablement idiots, des gobis1 que personne n’a réussi à secouer ? Comment avons-nous pu nous laisser embrigader dans cette folie collective sans la moindre réflexion, à l’heure d’Internet où avoir des informations alternatives ne pose aucun problème ?

Qu’on en juge plutôt :

On nous a répété pendant des mois que non seulement le masque ne servait à rien mais encore que les pharmaciens qui en vendraient seraient sanctionnés. Ceux qui l’affirmaient étaient tous au gouvernement : Olivier Véran, Sibeth N’Diaye, Emmanuel Macron… Tous étaient formels : des gens bien-portants n’avaient pas besoin de masques.

Puis, du jour au lendemain, le masque est devenu obligatoire, partout, en tous lieux et même les enfants de 6 ans furent obligés de le porter jusqu’à 10 heures par jour. Personne ne sembla s’étonner de ce volte-face aussi soudain qu’inquiétant.

En mars 2020 nous fûmes confinés avec attestation à remplir soi-même pour une sortie limitée à une heure dans un rayon d’un kilomètre. Personne ne s’étonna de la mesure. Il fallait être strict pour enrayer l’épidémie.

Puis le confinement fut levé en mai mais le couvre-feu imposé dès 21h en octobre puis à 18 heures en janvier 2021. Personne ne demanda comment un virus pouvait être plus virulent à 18 h qu’à midi ni pourquoi un confinement strict qu’on nous avait promis comme la panacée n’avait eu aucune efficacité.

Tous les lieux de loisir furent fermés, au motif toujours d’enrayer l’épidémie. Cependant les écoles rouvrirent, les élèves de prépa purent continuer à se rendre en cours mais pas les étudiants en fac. Pour eux 2020 et ensuite 2021 seraient des années en distanciel.

Les métros, eux, furent d’autant plus bondés qu’ils étaient pris d’assaut en fin d’après-midi à cause du couperet de 18 h (que même l’occupant nazi n’avait pas pensé à mettre en place).

Mais personne ne demanda pourquoi le Covid était inoffensif dans le métro ou les écoles mais dangereux à l’université ou sur les plages. Ni même pourquoi une mesure qu’on nous avait assuré être temporaire – une quinzaine de jours tout au plus – durait depuis près de deux mois.

Mme Bachelot nous assure cette semaine que les festivals pourront avoir lieu cet été pourvu que les spectateurs soient tous assis. Personne ne comprend très bien pourquoi le Covid-19 est plus virulent quand on est debout plutôt qu’assis. Et cela d’autant moins que c’est la mesure inverse qui est appliquée dans nombre de bibliothèques municipales : les salles d’étude ayant été fermées parce que les gens ne devaient pas rester statiques.

Les professeurs de sports ont dû se recycler en « accompagnateurs de balades » parce que toutes les activités sportives, y compris en plein air ont été interdites. On a aussi interdit les remontées mécaniques dans les stations de sports d’hiver sans qu’aucune explication sanitaire ne soit donnée.

En fait, toutes les mesures prises l’ont été dans l’opacité la plus totale sans qu’aucun parti politique n’en conteste le bien-fondé.

On apprend ces jours-ci que McKinsey, un cabinet américain de conseils – condamné récemment à 573 millions de dollars pour son rôle dans la crise des opioïdes – a reçu 4 millions d’euros du gouvernement français pour des conseils santé auxquels se rajoutent 12 millions d’euros pour aider l’État à trouver quelques 200 millions d’économies d’ici 2022. Donc notre vie est gérée depuis l’étranger sans concertation aucune.

De ce temps, les fonctionnaires d’État sont tenus à l’écart pour laisser McKinsey aux commandes. Mais peut-on s’en étonner quand on sait que c’est Mc Kinsey qui a créé En Marche ? 3

Et pourtant, rien n’y fait : ni scandales, ni incohérences, ni mesures totalitaires ni état d’urgence prolongé jusqu’à juin 2021 ne semblent réveiller les Français de leur état léthargique.

Je n’aurais jamais cru à un tel état de sidération de la part de tout un peuple si je n’y avais pas assisté en direct.

Demain, le passeport vaccinal deviendra obligatoire que personne n’y trouvera rien à redire.

Et pourtant, Mengele n’aurait renié ni le vaccin Pfizer ni le vaccin AstraZenecca. Mais l’idée de s’en émouvoir semble n’effleurer personne. Ou presque.

Et ce n’est pas moi qui l’affirme mais Véra Sharav, une survivante de l’Holocauste, selon laquelle «quiconque reçoit l’un de ces vaccins participe à une vaste expérience médicale».

Vidéo en anglais à visionner ici.

Souvent, j’ai l’impression de vivre un cauchemar, englués que nous sommes dans ces années gobi, entourés de zombis qui vaquent à leurs affaires comme si la disparition de 80% de nos libertés ne les affectaient pas. Ce qui est probablement le cas.

           Et il me revient ces mots de Corneille dans le Cid : « N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? »

Je n’aurais jamais cru un jour percevoir à ce point leur intensité. Ni ce qu’ils recelaient de souffrance.

Laurence Esbuiée©20 février 2021

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1Le gobi : petit poisson aux yeux globuleux. En provençal, faire le gobi signifie attendre passivement les yeux ronds et la bouche ouverte, être complètement ahuri (ou abruti).

2 https://lecourrier-du-soir.com/macron-dans-la-tourmente-letat-poursuivi-pour-avoir-offert-un-marche-de-12-millions-deuros-offerts-a-mckinsey/

3 https://lecourrier-du-soir.com/exclusif-mckinsey-condamne-a-573-millions-de-dollars-pour-fraude-a-participe-a-la-creation-den-marche/