Les petites phrases de Macron

Le phénomène du mépris du peuple français par son président n’est pas nouveau. On se souvient du « Casse-toi, pôv con » de Sarkozy et des « sans-dents » de Hollande mais il a pris avec Macron une ampleur inégalée. C’est à croire que Macron n’a absolument aucun filtre. Comme un homme aviné ou drogué, il balance tout ce qui lui passe par la tête sans aucune considération ou prudence…. Et le problème, c’est qu’il n’a en tête que du mépris et de la haine pour le peuple qu’il est censé représenter.

Il serait fastidieux de compiler tous les termes qu’il nous a balancés au cours des 3 années écoulées. En voici quelques-uns « Gaulois  réfractaires » « fainéants » « alcooliques » « illettrés » « cyniques » « fouteurs de bordel » « incapables de traverser la rue pour trouver du travail » « les gens qui ne sont rien ».

Mais le problème, c’est qu’il s’est entouré de gens comme lui – à savoir foncièrement corrompus et méprisants – ce qui donne à l’arrogance jupitérienne une ampleur démultipliée. Quand Gilles Legendre s’exclame : « Nous avons insuffisamment expliqué ce que nous faisons. Et une 2e erreur a été faite : le fait d’avoir probablement été trop intelligent, trop subtil, trop technique », il est clair qu’il nous prend pour des abrutis.

Mais la condescendance n’est guère mieux que le mépris. Quand Darmanin à son tour proclame : « Si nous ne voulons pas être dans le Brexit intérieur (…), nous devons tous (…) entendre et comprendre, ce que c’est de vivre avec 950 euros par mois quand les additions dans les restaurants  parisiens tournent autour de 200 euros et que  vous ne prenez pas de vin », ce qui choque c’est qu’il ne puisse même pas se rendre compte que ceux qui vivent avec 950€ par mois ne vont jamais au restaurant avec ou sans le vin, que le restau est loin d’être une préoccupation première quand on ne peut pas s’offrir des produits de 1e nécessité et que le reste de la population ne va JAMAIS dans un restaurant à 200 euros par tête de toute façon.

Il croit donc nous faire une fleur dans le style « je vous ai compris ». En fait, il est comme la reine Marie-Antoinette qui disait du peuple « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche. » Le peuple n’a pas de pain ? Qu’il aille à la soupe populaire, lui qui ne peut se payer un restau à 200 € sans le vin…

Et il réitère : « Il manque sans doute autour dEmmanuel Macron des personnes qui parlent à la France populaire, des gens qui boivent de la bière et mangent avec les doigts. » En gros, le message est clair : il y a ceux qui mangent avec les doigts et ceux qui se payent un restau à 200 euros sans le vin ou du homard au frais du contribuable.

Dans le registre condescendance et mépris viscéral, on a aussi et surtout la porte-parole de Macron, Sibeth Ndiaye, célèbre pour avoir revendiqué le fait de mentir pour le président et pour avoir annoncé la mort de Simone Veil avec ces mots « la meuf est dead ».

Pour elle, la chose est entendue. Le peuple français est africain ou en passe de l’être : « Dans ma culture africaine on mange avec les doigts, pas avec une fourchette et une cuillère. (…) Je crois très sincèrement que dans le gouvernement aujourd’hui, on n’a pas que des technos blancs de 40 ans. » « Nous sommes tous conscients que tout le monde ne mange pas du homard tous les jours. Bien souvent on mange plutôt des kebabs. »

Il ne lui est même jamais venu à l’idée que le français moyen ne mangeait pas de kebab et ne mangeait pas ses repas avec les doigts. Voilà le niveau de ceux censés nous représenter.

Mais ce qui est encore plus insupportable, c’est que Macron qui passe plus de la moitié de son temps à l’étranger ne peut y faire de déclaration officielle sans dénigrer systématiquement le peuple français et son histoire. Il n’a aucune décence. «La France, seule nation européenne qui n’a pas gagné contre le chômage de masse.», «La France n’est pas un pays réformable. Les Françaises et les Français détestent les réformes. » La colonisation de l’Algérie par la France ? «un crime contre l’humanité». A Abidjan, en novembre 2017, il déclare pompeux « Le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République » tout en … posant la première pierre du métro d’Abidjan d’une valeur de 1,4 milliard d’euros financé par…un « prêt » de la France.

Alors c’est sûr qu’en cette période de disette où le service public est durement touché du fait du manque de subsides, les petites phrases de Macron passent très mal.

Dans son entrevue du 14 juillet 2020 avec Léa Salamé et Gilles Bouleau, il n’a eu aucune compassion vis-à-vis des Français auxquels ils venaient d’annuler la fête Nationale – toutes les villes sauf Paris furent privées de feux d’artifice par exemple, ainsi que du bal populaire – au motif d’un Coronavirus dont il aurait eu la peine à expliquer l’ampleur à ceux des badauds qui le croisèrent dans le jardin des Tuileries un peu plus tard et qui vinrent s’agglutiner en foule pour l’aborder.

Non.

Au contraire, il devait expliquer longuement durant son entretien télévisé en quoi la grandeur de sa tâche était mal perçue par les gueux que nous sommes, et ce, dans un français approximatif et agrammatical qui laisse songeur : « Et tout cela, on a contribué à le faire, mais peut-être en ne l’expliquant pas assez, mais je le fais aussi pour que chacun retrouve la maîtrise de sa vie, de son destin et qui est un chemin de justice et ça, je ne l’ai pas assez montré. Parce que nous n’avons pas produit assez de résultats, parce qu’on n’a pas été assez vite, je ne l’ai peut-être pas assez dit. »

Même quand il se veut sympathique, c’est-à-dire sans avoir l’anathème à la bouche, il a un côté mégalomane et délirant qui le rend désagréable. Sa sortie sur les « vacances apprenantes, la cale et le jambon de Robinson » était écœurante parce qu’au delà du délire, il faisait fi de centaines de milliers d’intermittents du spectacle qui se retrouvaient de facto au chômage.

Mais, au-delà des petites phrases, ce qu’on retiendra de Macron, ce sont ses frasques de monarque, de la fête d’anniversaire au château de Chambord à la piscine du fort de Brégançon, ses abus de pouvoir monarchique qui vont de la mutilation des opposants aux lettres de cachet comme celles qui ont permis aux GJ d’être arrêtés dès leur descente du train, Il reste à ce jour 800 GJ dans les geôles françaises, alors même que Belloubet a libéré des dizaines de milliers de détenus, y compris des salafistes pro-djihad.

C’est ce statut de 1e Dame qui permet à une douairière comme la Trogneux de dépenser 279 144 € par an en frais de personnel en plus des 440 000 € qui lui sont alloués et qui lui donne même le droit de vendre notre mobilier national au profit de sa fondation ou d’acheter de la vaisselle et des tentures à un demi-million.

Mais c’est aussi ce « Je » dictatorial et méprisant du président-monarque : « J’ai décidé » «  C’est mon choix ».

Le 14 juillet, il a été très clair : « Est-ce que ça veut dire que je vais arrêter de me battre, d’essayer de convaincre, de porter un tel projet ? Non. »

Et quel est son projet exactement ? La fausse pandémie du Coronavirus permet de l’entrevoir : des milliers de boulots menacés ou disparus, des familles déchirées à qui l’on a interdit de se voir, des gens volontairement euthanasiés dans les Ehpad, des gamins masqués plus de 10 heures par jour, des IMG à 9 mois de grossesse… et maintenant la 5G. 

«Oui, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation  (…)  Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine. » s’est-il exclamé le 15 septembre. Parmi les « Amish » en question, on compte des médecins,  des scientifiques et même des politiques lesquels s’inquiètent des effets néfastes sur la santé tels que risque de cancer, de dommage du système reproducteur, de déficits d’apprentissage et de mémoire, de troubles neurologiques et de bien d’autres encore.

Cela se passe de commentaires.

Il serait peut-être temps de mettre fin à cette fonction monarchique de la 5e République dirigée par un seul homme qui a en France absolument tous les droits, y compris celui d’être un psychopathe irresponsable, et qui n’a de comptes à rendre à personne.

                                                                  L. Esbuiée © 15 juillet 2020, modifié le 21 septembre 2020