Macron, destitution !

Le Conseil d’État a confirmé aujourd’hui le droit de la police à utiliser le flash-ball durant les manifestations des Gilets Jaunes. Trois cents personnes ont donc donné un blanc-seing à la police pour de futures mutilations. Retour à l’Ancien Régime avec Manu 1e dans le rôle de Louis XIV et le Conseil d’État dans celui de son Éminence Grise au service de sa Majesté toute-puissante.

Ce qui est en train de se passer dépasse l’entendement. Un jour viendra où des comptes seront demandés et où des sanctions lourdes seront exigées. Du moins je l’espère. Encore que…. c’est peut-être à moi qu’ils seront demandés, les comptes ! Pour m’être opposée, ne serait-ce que par des mots, au tyran suprême et vampirique de la nation !

Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment aurions-nous pu imaginer qu’un jour le président Macron non seulement autoriserait mais offrirait comme cadeaux de Noël à la police mille deux cent quatre-vingts LDB 40 et quelques 450 super flash-ball qui peuvent tirer des munitions en rafales et que cette pratique barbare serait avalisée par le Conseil d’État ?

1280 LDB 40 supplémentaires dont le but premier est d’être lancés à plus de 300 km/ h en pleine tête afin d’énucléer, de mutiler, de défigurer et d’handicaper à vie un maximum de manifestants en un minimum de temps tous les samedis ?

Pas étonnant qu’il ait fait des cadeaux aux chasseurs, le Manu ! C’est qu’il aime la castagne, le goût du sang et comme raffinement suprême, la mutilation à vif, notre Jupiter premier-de-cordée !

On savait déjà qu’il aimait la racaille mâle, noire ou basanée. Mais on peinait encore à l’imaginer sanguinaire et sadique, lui qui, il y a peu encore, implorait Larcher de ne pas le lâcher et se terrait avec un Puma tout prêt à l’emmener vers des cieux plus cléments en cas de prise de l’Élysée par une foule haineuse. Mais voilà, les gens se sont lassés des manifestations des Gilets Jaunes, du cycle de la violence gratuite des casseurs ( adoubés ou non par le pouvoir, seul l’avenir le dira ). Et voilà un Macron goguenard, se gaussant de Jojo le Gilet Jaune, alors que nous en sommes à plus de 90 personnes mutilées à vie, dont des adolescents, un millier de blessés et plus de 12 morts !

Mais que l’on se rassure, Castaner, l’ami des mafieux Zampa et Oraison, nous l’assure : il n’y a eu que quatre éborgnés, une broutille, quoi !

Au fond, Macron fait aussi bien, voire mieux, qu’un terroriste. Son bilan est meilleur que celui des frères Kouachi, c’est dire ! Macron, c’est comme qui dirait un terroriste laïque. Sa foi, il ne la met pas dans Allah, mais dans le fric et le pouvoir. Et il partage avec les terroristes de Daesh la même haine de la France et du peuple français. Ce n’est peut-être pas un hasard, finalement, qu’un terroriste n’ait pas encore frappé au sein des manifestations des Gilets Jaunes : la police est diablement plus efficace et point n’est besoin ensuite de marches blanches. Et en plus, à une époque où l’on rapatrie massivement ces pauvres djihadistes restés aux mains des Kurdes, un attentat islamiste ferait tache et accentuerait la grogne. Tandis que là, c’est tout bénef : on tue le peuple français mais c’est au nom du respect de la loi !!

Qu’un Dettinger soit en taule pour avoir frappé à poings nus des policiers qui s’en prenaient à sa femme et ses amis et qu’un Benalla soit en vadrouille sur au moins deux continents avec quelques passeports diplomatiques, en dit long sur l’état de notre justice de toute manière.

Et en attendant une fin des GJ qui tarde à venir, ici et là, le même leitmotiv se fait entendre : les flash-ball, c’est une arme de défense, utilisée par les forces de l’ordre à bon escient.

Mensonge.

C’est une arme de guerre qui autorise des crimes contre l’humanité. Pour rappel, les crimes contre l’humanité, c’est une violation des droits fondamentaux des individus.

Et c’est bien ce dont il est question ici.

Mais nous sommes peu, relativement, à nous en indigner. Luc Ferry, dont le Canard Enchaîné avait dévoilé qu’il avait perçu 4500 euros par mois de la part de l’université Paris-VII pour des cours qu’il n’avait pas donnés, souhaite sans vergogne nous voir abattus séance tenante par la police. La mutilation, c’est encore un sort trop doux pour des manifestants même pacifiques et non armés.

À MORT, les gueux !

Bon, en même temps, quand on sait que les trop-perçus, c’est nous – par le biais de Matignon – qui les avons remboursés, on peut comprendre sa haine : nous, les manants, nous sommes là pour payer, pas pour nous révolter. Et si nous cessons de payer, qui le fera ?

Alors dans son esprit une lumière s’éclaire : tuez-en quelques uns, ça matera le reste.

Et à sa décharge, il faut dire que ça marche. J’ai peur, maintenant, d’aller manifester. Peur d’être mutilée, peur d’être défigurée, peur d’être incarcérée, de perdre mon boulot, de voir mes mains tranchées et mes yeux arrachés, d’avoir le crâne en sang et de finir dans le coma.

Il n’est que de voir ce pompier à Paris que l’on a visé à la tête alors qu’il fuyait les grenades lacrymogènes et n’était une menace pour personne.

Il n’est que d’entendre l’enregistrement vidéo où Jérôme Rodrigues essaie de convaincre les Gilets Jaunes d’évacuer la Place de la Bastille pour comprendre qu’il n’était une menace pour personne.

Il n’est que d’ouvrir un journal pour savoir que Zineb Redouane, 80 ans, décédée après avoir reçu une grenade lacrymogène en pleine tête alors qu’elle fermait ses volets au 4e étage de son immeuble n’était une menace pour personne.

Il n’est que d’écouter les nombreux témoignages des mutilés qui se sont trouvés là au mauvais moment pour comprendre qu’ils n’étaient une menace pour personne.

Vous voulez que je vous parle de cette manifestation où Zineb Redouane a perdu la vie sans même y participer ? Je le peux, j’y étais.

Nous manifestions principalement contre Gaudin, à cause de l’effondrement d’un bâtiment de la rue d’Aubagne qui causa la mort de huit personnes. Je-m’en-foutisme de la mairie. Plus vraisemblablement, calcul savant de promoteur.

8 personnes mortes chez elles, sous l’effondrement de leur immeuble. Et encore avions-nous échappé au pire. Une demi-heure plus tôt et c’était des dizaines d’enfants qui se rendaient à l’école accompagnés de leurs parents qui auraient fini sous les décombres.

Bref, nous étions là, toutes générations confondues, avec des familles entières, moins en colère qu’en commémoration et en deuil quand soudain – je m’étais retrouvée je ne sais pourquoi en tête du cortège – trois personnes encapuchonnées nous ont dépassés. Elles se sont mis à secouer les barrières de fer placées devant la Mairie sur le Vieux-Port aux pieds des CRS. Puis ont balancé quelques pétards. Rien de méchant.

Sauf que…. Ces personnes n’étaient pas des manifestants. Et ce n’était pas des casseurs. Devant la Mairie de Marseille, il n’y a rien à casser. Et rien à piller.

Il a fallu moins de 10 secondes aux CRS pour réagir. À croire qu’ils avaient attendu le signal. Et ce fut un déluge de gaz lacrymogène et la déroute.

Très vite, nous avons été coincés entre les CRS et la mer Méditerranée. Un homme a même failli tomber à l’eau que nous avons retenu de justesse, un autre manifestant et moi.

Mais surtout, mon pire souvenir reste celui de cette très jeune maman qui était venue avec son bébé.

Un bébé gazé ! Pourquoi, il était une menace à l’ordre publique ?

On ne savait pas, alors, lors de ce 2 décembre, que manifester, même très pacifiquement en famille, même lorsque on est une jeune maman et que l’on a un bébé avec soi, était un crime d’état dans cette France qu’on nous vante sans cesse comme démocratique.

Ou peut-être n’avions-nous pas réalisé que l’effondrement des n° 63 et 65 de la rue d’Aubage n’était pas une tragédie. Juste un contretemps.

Et qu’au fond, il importait peu que 8 personnes mourussent. Quand tant d’autres allaient suivre.

Laurence Esbuiée© 1 février 2019