Macron, ça l’est le right spirit, man !

Bertold Brecht disait que « puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple. »

Sarkozy et Hollande avaient déjà mis en place la dissolution du peuple français grâce à une politique ultra-libérale et pro-américaine. Mais Macron est sans aucun doute leur maître à tous. Il porte les idées de Sutherland à un niveau inégalé jusque là.

Notre président jupitérien premier-de-cordée est admirable. Contrairement à ses deux prédécesseurs, lui, il donne de sa personne. Il va physiquement au turbin. Il est même prêt à faire don de son corps au besoin. Son taf à lui, pour lequel il est très grassement payé, c’est d’éliminer la culture française par tous les moyens, d’abord en lui déniant tout droit à l’existence  : «Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse», déclarait-il déjà en février 2017, ensuite en faisant l’apologie de la contre-culture : plus t’es racaille, mieux c’est.

Présentée ainsi, l’idée de la « diversité » de la culture française indique qu’elle peut s’accommoder de tout un bagage culturel contraire à son histoire, comme une islamisation progressive du pays, un climat propice aux attentats et une américanisation tous azimuts par une vente braderie comme celle d’Alstom, par des choix politiques comme le TAFTA ou….par le choix d’une ministre du Rwanda, Louise Mushikiwabo pour être ….à la tête de la Francophonie.

Une anglophone anti-française pour diriger l’Organisation Internationale de la Francophonie, merci Macron, d’y avoir pensé ! C’est vraiment très fort !

Cerise sur le gâteau, le Rwanda a remplacé en 2008 le français par l’anglais en tant que langue obligatoire à l’école et n’est donc plus à proprement parler un pays francophone. Mais que les mots sont admirables dans la bouche de l’empereur Macron !

Mettre une anglophone à la tête de la Francophonie, c’est faire acte « d’une vision plurilinguiste de la défense du français » ! «Plurilinguiste » !

Comme le disait Molière, « qu’en termes élégants, ces choses-là sont dites ! »

C’est sûr que « plurilinguisme de la langue française », il fallait trouver ! Le français devient …. plurilingue ! Multilingue, quoi. Vous parlez quoi, vous ? Moi, je parle le français multilingue. Ah bon ! Blanquer veut l’apprentissage de l’arabe dès la maternelle, Macron opte pour le français multilingue !

C’est vrai qu’à ce jeu-là, il est très fort le Macron « Ah, vous voulez que je réponde en français ? » dit-il alors qu’il était là pour le sommet de la francophonie en Arménie, avant d’enchaîner « qu’en termes de privacy et autres, moyennement contrôlés, il va processer des choses, avec les fournisseurs de commodities car le marché est disrupté, des start-up aux scale-up, des single digital markets, et si on veut avoir des take for good, il faut des hubs et changer de business model. L’intérêt d’être french tech, c’est l’usage du french language. »

On croirait là entendre une parodie d’un humoriste. Que nenni, c’est la langue plurilingue du français cher à Macron. On devra tous l’apprendre, de gré ou de force.

Remarquez, en choisissant Louise Mushikiwabo, il a dû se faire violence, le Macron. D’habitude il les aime noirs ou bronzés, certes, mais surtout mâles racailles et si possible dénudés. En ce sens, Louise Mushikiwabo fut pour lui un second choix et le président du Rwanda, Paul Kagamé, aurait mieux fait l’affaire. C’est qu’il s’y entend, Kagamé, pour faire enlever et tabasser ses opposants, avant de les faire disparaître ! C’est une autre pointure que ce jeune fou de Benalla !

Pauvre Benalla, harcelé par le Sénat ! Obligé de déjeuner au Chinese Business Club au très sélect hôtel Intercontinental  !

Et pendant que Macron reclasse ses mignons à Paris, en Arménie, il nous joue la partition du français devenu anglophone par la force du plurilinguisme lexical !

C’est vrai que Louise Mushikiwabo a pour elle un amour du plurilinguisme qui a tout pour la recommander, y compris par un Macron qui d’habitude n’aime que les torses sexy des jeunes voyous : « l’anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Au Rwanda, le français ne va nulle part ! » s’était-elle écrié avant de faire raser le centre culturel français de Kigali il y a 4 ans. On comprend mieux pourquoi Macron l’a choisie, elle, et non une autre. Elle n’a pas le bon sexe, mais elle a le bon tempérament. Comme aurait pu l’exprimer sobrement Macron pour finaliser la candidature de sa favorite : « Ça l’est chez elle le right spirit, man ! »

C’est sûr que contrairement « au Gaulois réfractaire », on n’a pas besoin de lui dire « de traverser la rue pour trouver du travail » et elle n’est pas « du genre à se plaindre » comme tous nos bons-à-rien de retraités.

Déjà à Saint-Martin, on avait pu jauger de la capacité présidentielle à employer le plurilinguisme dans un sens tout à fait personnel. Avoir fait de la prison pour braquage devenait une bêtise. Et n’essayez pas de condamner le fait qu’un président en exercice enlace un repris de justice à demi nu qui fait un doigt d’honneur à la caméra, car c’est de l’homophobie caractérisée. Quant au trafic de cocaïne en provenance de la Guyane, il faut être  raciste pour en vouloir au jeune Raul, comme l’a justement souligné Marlène Schiappa.

Alors c’est sûr que raser le centre culturel français de Kigali, qu’est-ce, sinon faire preuve d’esprit d’entreprise, d’opter pour un changement radical de business model ?

On a beaucoup spéculé sur la raison qu’avait eue Collomb de démissionner si précipitamment. Certains ont évoqué l’influence malsaine de la Brigitte, d’un dîner à l’Élysée qui aurait tourné au pugilat du pauvre ministre de l’Intérieur.

Moi, ce que je crois – mais je n’ai évidemment aucune preuve, c’est pure spéculation de ma part – c’est que Collomb a jeté l’éponge quand il a appris l’arrestation de Redoine Faïd.

Pourquoi ?

Eh bien, parce que, quand Macron a su que Redoine avait dû porter la burqa pour pouvoir déambuler librement dans son quartier, notre président jupitérien n’a pas pu cacher son désir d’aller enlacer ce beau gosse de Redoine et d’aller lui faire un gros câlin pour le consoler d’avoir fait une grosse bêtise – pas celle d’avoir tué la jeune Aurélie Fouquet, mais de s’être laissé bêtement arrêter à Creil – et parce qu’il « aime chaque enfant de la République ».

Évidemment pas les parents d’Aurélie Fouquet ou d’Adrien Perez à qui il n’a jamais daigné répondre mais ceux des enfants de la République qui sont disruptés.

Alors Collomb s’est enfui. Et même Lyon, c’est encore trop près de Paris.

Remarquez, Macron n’y est pratiquement jamais, en France. C’est pourquoi pour échapper à Macron, finalement Lyon n’est pas une si mauvaise idée.

Laurence Esbuiée © 11 octobre 2018