Mademoiselle

Je ne sais pas vous, mais ce terme de « mademoiselle » invariablement fait ressurgir en moi cette chanson de Patricia Kaas, « Mademoiselle chante le blues ».

« Mademoiselle » dans les années 80 – cette époque révolue que je regrette chaque jour un peu plus – était synonyme de liberté et d’indépendance. « Mademoiselle » chantait le blues, sortait le soir sans avoir peur, buvait du rouge, et du blanc aussi et dansait librement.

Derrière ce terme de « mademoiselle » tout un passé surgit. Celui de mon époque, d’abord. Oui, je l’affirme, nous étions plus libres que les jeunes filles d’aujourd’hui. Mais je veux expliquer à ceux qui n’ont pas connu cette époque ce que cela signifiait d’être appelée « mademoiselle ». Contrairement aux idées dévoyées des féministes auto-proclamées d’aujourd’hui, ces Clémentine Autain ou ces Caroline de Haas pour qui le féminisme est à géométrie variable, nous étions fières d’être appelées « mademoiselle » et non « madame ». C’était synonyme de jeunesse. Être « madame » faisait vieux, rangé, mère de famille.

A contrario, je me souviens d’une jeune cousine à moi – elle avait tout juste 20 ans et est grand-mère aujourd’hui – qui répondit avec hauteur à une commerçante qui lui donnait du « mademoiselle » : « Je suis une femme mariée ».

En prenant de l’âge, « mademoiselle » devint plus pénible à porter, notamment au boulot. Je me souviens de la fureur qui me prit un jour quand au travail, je vis inscrit mon nom précédé de Mlle. J’allais voir mon supérieur hiérarchique et avec une colère que j’avais peine à contrôler, je lui dis : « Et pour les hommes célibataires, vous leur donnez du ‘damoiseau’ ? »

Avec cet humour rare et ce sens de la répartie qui le caractérisaient, il me répondit du tac-au-tac : « Ah c’est vrai que ce ‘demoiselle’ était déjà démodé au siècle dernier. »

Je l’ai regardé avec stupeur, bouche bée. Le 21e siècle venait de débuter.

Pour moi, le siècle dernier, c’était encore le 19e.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. J’en veux pour preuve la lettre à son père que Montaigne écrivit sur la mort de son ami Étienne de la Boétie dans laquelle le titre de « mademoiselle » est décernée à celle que nous appellerions aujourd’hui « Madame » de la Boétie, l’épouse légitime. C’est aussi à « Mademoiselle » le Paulmier, femme d’un médecin célèbre de la région qu’il dédicace un exemplaire de ces « Essais ». Au 16e siècle, « mademoiselle » était le titre que l’on donnait non à une femme célibataire – cela viendrait plus tard – mais à une dame mariée de la bonne société.

Pourquoi cette longue introduction ?

J’en arrive aux temps sombres, ceux que nous vivons et dont les présidences Sarkozy et Hollande furent le prélude. C’est sous Hollande que le terme « mademoiselle » finit par s’effacer car il devint soudain discriminatoire et c’est ainsi que les jeunes filles de 17 ou 18 ans reçurent pour la première fois leur convocation au baccalauréat sous le nom de « Madame Untel ». Je fus fâchée de l’apprendre, un peu parce qu’il me semblait qu’on leur ôtait une partie de leur jeunesse insouciante, celle où le fait d’être une demoiselle excuse bien des débordements…

On m’assura que cela allait dans le bon sens. Et ceux-là même qui affirmaient qu’une jeune fille de 16 ans ne devait plus se voir appeler « Mademoiselle » parce que c’était insultant, rigolèrent franchement de voir ce même gros Flamby de Hollande répudier sa concubine Valérie Trierweiler du perron de l’Élysée dans la plus pure tradition monarchique et machiste.

Sa présidence finie, trois ans plus tard, je m’interroge. Pourquoi la disparition du « mademoiselle » est-elle en fait plus qu’une régression, une véritable menace pour les jeunes filles ?

La réalisation est venue petit à petit. C’est que si vous estimez qu’une jeune fille de quinze ans est une « dame » son viol peut être considéré comme acte consentant. Il n’y a plus de limites. Une gamine de 11 ans que l’on viole peut voir son violeur acquitté au motif qu’elle n’a pas hurlé assez fort, comme ça a été le cas par deux fois en Seine-et-Marne en 2017 et 2018. Aucun juge ne prendra en compte que la pauvre gamine était tétanisée par la peur parce que la justice ne voit plus en elle une enfant mais une adulte, pourvue de tous les «atouts » physiques nécessaires. Sa morphologie fait d’elle une adulte et son statut d’enfant n’est plus pris en compte. Les différents jugements que l’on a connus sous Macron prouvent assez la chose.

Mais on s’enfonce chaque jour un peu plus. On ne doit plus genrer, c’est discriminatoire. On doit demander à la personne s’il se considère comme un homme ou une femme.

En revanche, la sexualisation des enfants devient la norme. Elle est partout. Dans les pubs, chez Mc Do, à la télé, dans les jouets. Hasbro a sorti un jouet « Troll » où il suffit de presser un bouton situé dans l’entrejambe pour que la poupée émette des couinements de plaisir. C’est comme un apprentissage : on apprend aux petites filles que presser le petit bouton qu’elles ont là en bas est non seulement permis mais agréable. Pédocriminalité programmée.

Et puis il y a la pub sur les familles libérées où la pédosexualité est considérée comme la norme, au point où la petite fille est incitée à jouer avec le sexe de papa. Mais bon, attention, en pyjama, la chose est « fun », hein ?

Disney a sorti un jouet «  Baguette magique à bulles » décrit comme développant l’« aptitude manuelle, imagination et créativité » et qui ressemble fort à un sexe d’homme en érection. Il suffit de … Je vous laisse imaginer la suite.

Et puis il y a les jouets trans…

Les serviettes Nana…

Quand on empile les verres Mc Do, cela donne ça :

La mode aussi s’y met et tend à flouter les frontières….

Et le cinéma s’y met aussi. Le film « Mignonnes » de Maïmouna Doucouré a censément été tourné pour dénoncer l’hypersexualisation des filles. Cela est très bien. Mais il me semble qu’il y a d’autres moyens pour dénoncer l’hypersexualisation des pré-ados que de faire adopter à des gamines de 11 ans des postures lascives, et carrément obscènes vu le contexte de l’âge. On dénonce mais on montre de la pédopornographie. Grandiose.

Et on en arrive à 8 millions d’enfants qui disparaissent chaque année et qui finissent comme objets sexuels ou esclaves ou les deux… à moins qu’ils ne fassent tout bonnement l’objet de sacrifices rituels humains. On dit qu’Hillary Clinton et les Podesta en sont directement responsables. Que ce sont des satanistes. Je n’ai pas de preuves qu’ils le soient mais ces photos ne sont pas des canulars. Du moins je ne crois pas. J’en ai la nausée rien que de les imaginer dans la réalité. Pour plus d’infos, il faut se référer à Wikileaks.  Il paraît que la photo ci-dessous est d’un dossier déclassifié du FBI concernant la pédophile Hillary Clinton qui aime défigurer ses victimes en live :

Une amie – juste quand le confinement allait être levé en mai 2020 – m’a emmenée dans la campagne aixoise où il n’y avait âme qui vive. C’était à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, un lieu anciennement et uniquement hanté par les ânes et les cochons…C’était là où, me dit-elle, elle venait avec une jeune voisine quand elle avait dix ans se balader dans les collines. Elles partaient tôt le matin des vacances en vélo et on ne les revoyait pas de la journée. Tout le monde leur faisait confiance, à une époque où il n’existait ni portable ni caméra de surveillance. C’est là où j’ai ramassé des crottes de dinosaures fossilisées. Oui, je sais, ça paraît incroyable mais.

Bien entendu, elle n’a pas élevé sa fille dans la même liberté. Elle ne le pouvait pas.

Et je me suis demandée – que nous est-il arrivé en une génération pour que ce qui était possible pour nous ne l’est plus pour nos enfants ?

La raison ? 8 millions d’enfants sont enlevés chaque année. La plupart meurent dans le silence et ne seront jamais retrouvés. Ou alors sous cette forme :

Et Internet est pour beaucoup dans le trafic et la torture d’enfants en ligne.

Alors à ceux que le « mademoiselle » choque comme visiblement le Hollande, je dirai ceci :

De notre temps, on ne nous appelait pas « madame » à l’âge de quinze ans mais nous n’étions pas harcelées dans la rue, les poupées Hasbro et transgenre n’existaient pas et huit millions d’enfants ne disparaissaient pas chaque année dans l’indifférence générale pour l’excitation sadique de quelques illuminés de nos élites .

Laurence Esbuiée©13 septembre 2020