Non, on ne change pas de cap !!

Le 1er ministre était l’invité du 20 heures de France 2, le dimanche 18 novembre. Edouard Philippe a soutenu que le cap resterait inchangé.  Édouard Philippe a assuré dimanche avoir entendu « la colère » mais aussi « la souffrance » exprimée samedi par les « gilets jaunes », mais « le cap est bon » et « nous allons le tenir », a-t-il déclaré à France 2.

Le 8 décembre, c’est le prix Nobel d’économie, Jean Tirole, qui exprime son sentiment sur la colère des gilets jaunes et va jusqu’à affirmer que non seulement une hausse du SMIC n’est pas désirable ( c’est sûr que moins de 1200 € net par mois, c’est grandiose ! ) mais encore qu’il faut ré-inculquer à ces stupides Gaulois réfractaires, ces sans-dents qui ne sont rien, ce qu’est la valeur du consentement à l’impôt.

Car « Les ‘gilets jaunes’ exigent une réduction de la pression fiscale. Mais qui paiera les écoles, les hôpitaux et plus généralement les services publics ? La France n’a toujours pas choisi entre peu d’État / peu d’impôts et beaucoup d’État / beaucoup d’impôts, et vote pour beaucoup d’État / peu d’impôts », observe l’économiste.

Voyons ce qu’est le cap macronien et notre fameux refus du « consentement à l’impôt » :

  • En 10 ans les Français ont payé 17 milliards de taxes locales nouvelles, 36 milliards de TVA en plus, 17 milliards de CGS en plus.

  • Dans le même temps, les GAFA ( Google, Amazon, Facebook et Apple) ont épargné jusqu’à 65 milliards d’impôts par an grâce à l’optimisation fiscale.

  • Le journal Libération du 28 novembre 2018 écrit : « une part de la hausse de la fiscalité écologique va financer une partie du CICE, c’est ce qu’a expliqué l’exécutif à la Commission Européenne. » Pour rappel :  Le montant de ce crédit d’impôt aux entreprises a atteint 21 milliards d’euros en 2018, un record. Alors que ses effets sur l’emploi sont quasi nuls.

  • D’après l’Express du 25 juin 2018, « constat :  le mauvais réglage des dépenses publiques censées doper l’activité. Ainsi, sous la bannière « interventions économiques », la France brûle chaque année 43 milliards d’euros de plus que l’Allemagne. »

  • Le budget présidentiel est passé de 100 à 103 millions d’euros. Le budget alloué à Brigitte Macron pour « ses conseillers » s’élève à 440 000  euros par an, et la vaisselle à un demi-million n’est pas évidemment pas compris dans le budget puisqu’il est payé intégralement par le contribuable. Tout comme la dernière lubie de la dame : refaire faire les tentures du palais présidentiel ainsi que les moquettes pour un autre demi-million d’euros. ( et on ne parle pas des Falcon qui nous coûte 20 000 euros de l’heure ni de la piscine du Fort de Brégançon )

  • René Dosière,  ancien député apparenté socialiste, déplorait en 2017 les rémunérations des membres des cabinets ministériels qui ont augmenté de 20% par rapport à celles pratiquées lorsque Valls était Premier ministre. Le même Rosière en novembre 2018 épingle 12 ministères dans lesquels le salaire moyen d’un conseiller progresse « dans des proportions choquantes, voire scandaleuses ». Il évoque notamment le cas des ministères du Travail (+ 7,1%), de l’Outre-mer (+ 10,1%), de l’Agriculture (+ 10,2%) ou encore des Affaires étrangères (+ 17,2%). Mais ce sont les cabinets du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux 49,1% d’augmentation entre 2017 et 2018, et de la secrétaire d’Etat à l’égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa, 25,9%, qui affichent les plus importantes augmentations selon l’ex-député.

  • Pendant que la taxe carbone est jugée nécessaire par Tirole pour les générations futures, il omet de citer la décision du gouvernement de transférer 577 millions d’euros de recettes de la taxe écologique sur les carburants pour les réaffecter au budget général en 2018, ce qui est juste « une technique comptable » d’après Brune Poison. Eh bien quoi, « 600 millions d’euros prévus pour la transition énergétique n’ont pas été utilisés », où est le problème ? Et en quoi cela empêcherait-il le gouvernement de se mobiliser pour la transition écologique via des prélèvements d’impôts supplémentaires ??

  • Tandis qu’en France, nous avons un Président, un premier Ministre, 25 Ministres et 9 Secrétaires d’état, les Allemands se contentent d’une Chancelière et de 8 ministres qui chacun coûtent 3 millions d’euros par an à leur état comparé à un coût de 17 millions d’euros par an pour nos Ministres et affiliés. La Chancelière paie son loyer, ses charges et se déplace en train ou sur les lignes aériennes régulières. Macron lui a à sa disposition un Airbus A 330, trois différents Falcone et 3 hélicoptères Super Puma.

  • Sans compter que les présidents, députés, les sénateurs, les ministres sont payés …. à vie. Giscard nous coûte la modique somme de 4 millions d’euros par an. Edith Cresson qui n’est restée ministre que 11 mois il y a 26 ans, nous revient à plus de 43 000 euros par an. A la fin, nous dépensons en frais de fonctionnement étatique la modique somme de 130 milliards d’euros annuels de plus que les Allemands.

Alors voilà la conclusion des gilets jaunes : Macron démission. Faisons le ménage dans la maison France et voyons si nous ne pouvons pas mieux faire en matière d’économie et de consentement à l’impôt que Tirole et le triste sire Macron.

Laurence Esbuiée© 9 décembre 2018