Obamagate

La France, et plus largement l’Europe, se moquent de Donald Trump qui passe pour désaxé. Aussi quand il a sorti ce qu’il croyait être sa carte maîtresse dans sa réélection, la prétendue « Obamagate », ce fut un concert de railleries. Certains appelèrent ça « la dernière fable de Trump », d’autres « sa dernière lubie ». Aucun journal français ne fut tendre envers le président américain.

Je dois dire que j’ai, au début, fait partie du lot des agacés, puis je suis tombée sur des voix dissidentes qui prétendaient que des révélations allaient sortir. Alors j’ai cherché. On ne peut en vouloir aux sceptiques tant il est vrai que Trump s’est décrédibilisé au cours des quatre dernières années en parlant à tort et à travers. D’autant que d’avoir jeté le mot « Obamagate » sans être capable de donner plus de détails est contre-productif, pour ne pas dire stupide. Et puis, il faut bien dire que des révélations, on n’en voit guère venir.

L’un des reproches faits à Obama, d’après les pro-Trump, c’est que l’ancien président aurait mené à bien un agenda secret, qui allait à l’encontre des intérêts américains.

Si – comme Macron – Barack Obama a été élu pour mettre en œuvre des directives mondiales plutôt que nationales, il devrait y en avoir des traces dans son bilan. A première vue, son bilan est très positif. C’est lui qui a donné jour à l’Obamacare, la sécurité sociale pour les plus démunis, lui qui a tenté d’enrayer le pouvoir de la NRA qui fait au bas mot des dizaines de milliers de morts chaque année, lui qui a eu le prix Nobel de la Paix…

Et quand on le compare à Trump, il n’y a pas le moindre doute… Trump, celui qui tweete plus vite que son ombre, Trump qui construit des murs, Trump et sa misogynie, ses déclarations fracassantes, son histoire d’eau de Javel qui viendrait à bout du Coronavirus…. Gestion du Covid-19 catastrophique avec des centaines de milliers de gens qui perdent leur emploi, des kilomètres de file devant la soupe populaire …

 

 

Oui, Trump perd de prime abord mais…. mais si on regarde bien, au-delà des intentions et des déclarations des uns et des autres, qu’observe-t-on ?

Obama, c’est huit années de guerre ininterrompues… Guerre en Afghanistan, Yémen, Libye, Syrie, Irak et Somalie…Sa politique a mené à l’implantation réussie de Daech partout dans le monde et un tel bilan guerrier qui le met en compétition avec George W. Bush ne peut que surprendre. Pas mal, hein, pour un prix Nobel de la Paix ? Au fond, George W. Bush a mis Al-Qaïda en selle et l’a armé. Barack Obama en aura fait autant avec Daech.

Ce qui surprend aussi chez Obama que l’on croyait si honnête, c’est le degré de mensonges et de duplicité. Les scandales se sont enchaînés comme celui de l’attaque de Benghazi en Libye qui fit 4 morts dans l’ambassade américaine. Il est prouvé aujourd’hui que l’administration Obama, avec Hillary Clinton en tête, a menti en assurant que l’attaque n’avait pas été préméditée et qu’elle était survenue spontanément suite à un mouvement de colère provoqué par un film anti-islam.

Plus grave, il y a la mise sur écoute des citoyens américains par la NSA et le président Obama ne pouvait pas ne pas être au courant de la fameuse « FISA court » et du viol délibéré de la vie privée qu’elle induisait. D’ailleurs quand Snowden s’est enfui, après avoir révélé l’étendue du scandale des écoutes, Obama n’a jamais tenté de le protéger, lui qui clamait lors d’un dîner à The White House Correspondents, reprenant les mots de Thomas Jefferson : « Si je devais choisir entre un gouvernement sans journaux et des journaux sans gouvernement étatique, alors je choisirais ce dernier ».  Hypocrisie, quand tu nous tiens !

Il ne faut pas oublier non plus qu’Obama a été porté au pouvoir à cause de la crise des subprimes de 2008 provoquée par la faillite du système bancaire. Or non seulement la pauvreté a augmenté après son investiture mais Obama a poursuivi la politique de son prédécesseur vis-à-vis de ceux qui avaient causé le crash boursier. La politique d’Alan Greenspan à la tête de la Federal Reserve est pour beaucoup dans la crise des subprimes. Mais il n’aura jamais été inquiété. Son successeur à la tête de la Federal Reserve, Timothy Geithner, sera même appointé Secretary of the Treasury (soit Ministre des Finances) par Obama…

Et Trump, le tweeto rageur ? Tentative de paix avec la Corée du Nord et la Russie, guerre des mots envers l’Iran… mais pas de bombardements, pas de chars, pas de drones… retrait partiel de Syrie. Guerre des mots avec la Chine mais accords commerciaux. Et … un bon bilan économique si l’on tient compte de la situation dramatique due au Coronavirus.

A mettre aussi au crédit de Trump : la pétition de la Maison-Blanche pour promouvoir une enquête sur Bill Gates pour « crimes contre l’humanité », la décision de cesser les financements américains à l’OMS dont la gestion des pandémies est à tout le moins opaque et « last but not least »,  son impulsion pour que le Congrès prenne partiellement le contrôle de la Federal Reserve, ce qui a permis que des millions de dollars soient affectés à un programme d’aides sociales (CARES). A terme, la Federal Reserve devrait être nationalisée, ce qui sonnerait le glas de l’ultralibéralisme … et du nouvel ordre mondial prôné par George Bush senior. Le terme de « Federal Reserve » ne doit d’ailleurs pas tromper : c’est un consortium de banques privées internationales derrière lesquelles on retrouve les Rockefeller et les Rothschild.

 

( légende : Procureur Mueller : « j’ai essayé de trouvé des saletés sur Trump mais tout ce que j’ai trouvé m’a ramené vers vous et Hillary Clinton )

Au final, j’hésite. Et il se peut que l’histoire retienne davantage de Trump que ses cheveux orange et ses tweets rageurs.  En tout cas, je suis certaine que si j’étais Américaine, rien ne me ferait voter pour le candidat Démocrate Joe Biden dont la réputation sulfureuse n’est plus à faire.

Témoin l’histoire du Général Flynn, ex-directeur de la Defense Intelligence Agency.

Tout commence le 5 janvier 2017, 15 jours avant que Trump n’entre en fonction. Ce jour-là, dans le Bureau Ovale, le Président Obama convoque le Directeur du FBI James Comey, la Conseillère pour la NSA Susan Rice et la Ministre de la Justice Sally Yates. Motif ? La possible interférence russe qui a conduit à l’élection de Trump en novembre 2016.

Visiblement Susan Rice va être si troublée par ce qui advient ensuite qu’elle s’envoie un message à elle-même le jour de l’inauguration de Trump, le 20 janvier 2017. Il faut dire que Susan Rice était bien placée pour douter de la parole présidentielle puisque c’était elle qu’on avait envoyé au front, lors de l’attaque à Benghazi, pour répandre le discours officiel. Elle devait apprendre par la suite que l’attaque « inopinée et spontanée » était en fait un attentat terroriste et qu’elle avait menti au peuple américain à son insu.

Susan Rice écrivit : « Le Président (Obama) a souligné qu’il ne demande rien, n’initie rien et ne donne aucune directive relative à l’application de la loi. Il a redit que notre équipe chargée de l’application des lois devait procéder comme elle l’aurait fait normalement ‘selon les règles’. »1

Sauf que… le Vice-Président Biden et plus de 30 hauts fonctionnaires du gouvernement Obama vont obtenir la permission de « démasquer » Flynn. « Démasquer » en langage des services secrets signifie « révéler les conversations privées téléphoniques d’un individu sans mandat officiel. »2

Alors pourquoi Flynn ?

Flynn avait, dès novembre 2016, accusé Gülen, un Turc résidant aux USA d’être un islamiste radical, financé par la Cosmos Foundation dont les membres financent aussi la Clinton Foundation.2 Mais ce n’était pas tout. Il avait prévenu qu’un retrait brutal des troupes américaines en Irak laisserait la porte ouverte à Daech. Obama s’était moqué de lui, appelant à l’époque l’État Islamique des « petits joueurs » (JV en américain). Apprenant que le Général Flynn avait été promu Conseiller de la Sécurité Nationale, il devenait urgent pour Obama de s’en débarrasser. Il faut dire que Flynn en savait beaucoup. Beaucoup trop.

Toujours est-il que Flynn fut donc arrêté, obligé de démissionner sur de fausses accusations de connivence avec la Russie et dut plaider coupable. Il semble clair à présent qu’il a été délibérément piégé pour faire tomber Trump car il a depuis été innocenté. Comme on a pu le voir, Trump n’a jamais été destitué. Après une très longue enquête, le procureur Mueller en a conclu que Trump n’avait pas fait de pacte secret avec la Russie.

Ce qui est intéressant, c’est le document ci-dessous. J’ignore si c’est un faux ; il l’est probablement, à moins que quelqu’un quelque part n’ait décidé d’aider Trump. Ce document circule sur les réseaux sociaux. Mais s’il est vrai, il prouve que l’organisation des Services Secrets Britannique, le GCHQ, aurait accédé à la demande d’Obama de procéder à la surveillance de Trump et de ses communications pendant trois mois renouvelables à partir de novembre 2016. Et s’il ne l’est pas, quelqu’un s’est donné beaucoup de mal pour fabriquer un faux d’une telle précision.

Si ce document est véridique, il peut faire condamner Obama pour haute trahison, car cela signifierait qu’il a demandé – et obtenu – que son successeur soit mis sous surveillance par une puissance étrangère, ici la Grande-Bretagne. L’Obamagate dépasserait et de loin le scandale des écoutes téléphoniques du Watergate. Là, on parle d’un président démocratique élu et en exercice espionné par son prédécesseur et les « five eyes » des services secrets.

          En termes bruts, on appelle ça une tentative de coup d’état.

Quoi qu’il en soit, je ne suis plus aussi certaine que je l’étais au début que cette affaire soit une tempête dans un verre d’eau.

                    L’avenir seul le dira.

                                                                                   Laurence Esbuiée©15 mai 2020

Notes :

1 https://www.grassley.senate.gov/news/news-releases/grassley-graham-uncover-unusual-email-sent-susan-rice-herself-president-trump-s

In particular, Ambassador Rice wrote:

“President Obama began the conversation by stressing his continued commitment to ensuring that every aspect of this issue is handled by the Intelligence and law enforcement communities ‘by the book’.  The President stressed that he is not asking about, initiating or instructing anything from a law enforcement perspective.  He reiterated that our law enforcement team needs to proceed as it normally would by the book.” 

 

2https://dcdirtylaundry.com/37-obama-officials-involved-in-flynn-unmasking-revealed/

2Idem.