Raoult et les pompiers…

Hier, 30 avril, sur BFMTV, il y avait l’entrevue entre le Professeur Raoult et la journaliste de BFMTV, Apolline de Malherbe.

Il est rare qu’une jolie femme soit antipathique. Mais dame Apolline a réussi ce tour de force. C’est très curieux d’ailleurs. Une jolie femme est souvent présentée comme évaporée, stupide, légère, écervelée ou au contraire mesurée, intelligente, spirituelle, talentueuse, calculatrice, femme fatale… mais jamais antipathique.

Chez elle, ce doit être l’insolence de classe sans doute.

Apolline de Malherbe est donc arrivée à Marseille et ayant posé un pied sur le Vieux-Port, déclara avec un gloussement supérieur qu’à Marseille vraiment, les gens ne savaient pas ce qu’était le confinement.

C’était oublier un peu vite que la semaine d’avant, dans le 18e arrondissement de Paris, une goguette s’était improvisée en pleine rue où les gens qui ne dansaient pas buvaient – et inversement.

Passons.

Donc la voilà à l’Institut Hospitalo-Universitaire en train d’interroger le Professeur Raoult.

J’ai été émerveillée par la finesse des réparties du Professeur ainsi que par sa dextérité à éviter les écueils.

Du grand art.

La mise en scène d’abord.

Je ne crois pas que Apolline ait compris tout de suite à quel point elle était désavantagée avant même d’avoir pris la parole. D’abord parce que Raoult avait fait très fort. Ce n’était pas lui qui s’était déplacé. Il avait accordé une entrevue. Et la différence était énorme. Il était dans son fief, dans une ville qui l’acclamait et qui le mettait à présent sur le même piédestal que l’OM (ce qui n’est pas peu dire).

Il était dans son bureau, dans son fauteuil. Elle était sur une chaise plutôt inconfortable m’a-t-il semblé. Il paraissait planer très au-dessus d’elle, écrasée qu’elle était sur son siège.

Il faut bien admettre qu’il est bien plus confortable pour une journaliste macroniste de recevoir des invités sur son plateau télé plutôt que d’être celle que l’on pose sur une chaise.

Enfin, pour bien prouver son point, celui qu’il devait appeler son refus du Grand Guignol, d’emblée, il la reçut sans masque et sans gestes barrières et l’obligea à n’en avoir pas non plus.

Du grand art, vous dis-je.

Sur le fond, il faut dire qu’il maîtrise à la fois l’art de la maïeutique et celui de l’esquive.

Elle avait au moins préparé l’entrevue, du moins quelques questions, me suis-je dit, soulagée. Car il était évident qu’il n’allait faire de la Malherbe qu’une bouchée. Surtout qu’elle ne cherchait pas à connaître les résultats de son travail. Elle était venue pour l’enfoncer. Comme souvent chez elle, un entretien s’apparente à un procès à charge.

Mais avec le professeur Raoult, elle était mal tombée.

Dès l’entrée, elle l’attaqua pour avoir fait des études sans groupe témoin. C’est là qu’il a été très fort. Il botta en touche.

C’est dans les pays riches Europe de l’Ouest et une partie des USA que l’on trouve les plus forts taux de mortalité. Demandez-vous pourquoi.

Il avait naturellement la réponse.

Les pays pauvres ont traité les malades ; pas les pays riches. En France, nous faisons partie de ceux qui n’ont pas traité les malades.

Enfin, sauf à Marseille. Il y a eu 100 000 tests effectués à Marseille soit 4 000 tests par jour. Conséquence : il y a 3 fois moins de morts à Marseille qu’ailleurs, ce que devait d’ailleurs préciser le docteur Douste-Blazy à l’antenne un peu plus tard, apportant ainsi au professeur Raoult un soutien non négligeable.

Quant à l’hydroxychloroquine qui maintenant, grâce à Buzyn, fait partie des « substances vénéneuses », Raoult balaya l’accusation d’un revers de main. 57 % des médecins utilisent ce protocole, un tiers de la population mondiale s’est vue prescrire de la Nivaquine ; elle est prescrite depuis plus de 60 ans sans aucun problème.

Ceci est une décision politique pour provoquer une réaction de peur.

La vérité, c’est qu’on sait traiter les maladies contagieuses et le coronavirus n’est même pas particulièrement contagieux.

Le pic de la courbe peut être très différente selon la stratégie prise. Le taux de mortalité à l’IHU est de 0,5 %.

( Bien qu’il ne l’ait pas dit, le bilan officiel des morts du Covid en réanimation en Ile-de-France se situe en fourchette basse à 10 % et pourrait même atteindre les 40 % 1  )


Les maladies les plus contagieuses sont la rougeole et la variole. Une seule personne en contamine 20. Pour le coronavirus, c’est entre 2 et 3. Il n’y a pas eu 70 % de la population infectée, et la mortalité comparée à celle de la grippe saisonnière n’est pas élevée.

On ne devrait pas avoir le Covid une deuxième fois, mais les séquelles, notamment pulmonaires, restent possibles. On voit notamment des lésions chez les personnes qui sont asymptomatiques.

Evidemment, vint la question du vaccin. Là encore, les deux questions qu’il posa suffirent à enfoncer le clou.

Qui peut dire que le Covid-19 reviendra l’an prochain ? Et le sida, qui a trouvé un vaccin contre le sida ces 30 dernières années?

Alors elle lui opposa la 2e vague, qui risquait de provoquer plus de morts que la première si l’on n’y prenait garde.

Il rigola.

La 2e vague, c’est une fiction. Il ne savait pas d’où venait ce fantasme. C’est du Grand Guignol pour faire peur aux gens, rajouta Raoult.

97 % de ceux qui sont morts de la grippe espagnole sont morts de surinfection. Aujourd’hui, il y a les antibiotiques.

Et la courbe est en train de descendre. C’est une courbe en cloche, typique de l’état grippal. Le Covid est en train de disparaître, comme la grippe disparaît à la fin de l’hiver, sans que l’on sache pourquoi.

Le professeur Raoult présenta des documents face à la caméra.

On ne prend pas de risque en envoyant les enfants à l’école. Ce ne sont pas les enfants les plus touchés. Lui en tout cas n’avait pas de peur particulier. La grippe tue les enfants plus que le Covid. La pandémie devrait se calmer au printemps.

Dépitée, la pauvre Apolline de Malherbe ne put que reformuler des questions déjà posées, ce qui lui attira la réponse cinglante de « A une même question, je n’ai qu’une seule réponse. Vous m’obligez à me répéter. »

Et quand elle tenta de lui faire dire qu’il avait minimisé la pandémie, il ne se donna même pas la peine de reprendre les arguments qu’il avait déjà donnés, se contentant de souligner que le mot « grippette » n’entrait pas dans son vocabulaire.

Elle était venue insuffisamment préparée, me suis-je dit quand elle commença à aborder des questions annexes. Aimerait-il se voir décerner la Légion d’Honneur, lui demanda-t-elle. Il l’avait déjà, fut sa réponse.

Au final, il ne resta rien à la journaliste de plus à commenter si ce n’est ses cheveux longs de rocker et sa chevalière à tête de mort.

J’ai cru qu’il allait citer Hamlet. Mais il a dû juger que les fans de BFMTV risquaient de confondre Hamlet avec le nom du futur vaccin de Buzyn, et sagement il s’abstint.

Un pur régal.

Quand j’ai éteint mon poste, j’ai eu une pensée émue, toute de gratitude, pour le Professeur Raoult. Non seulement il avait aidé des milliers de gens en détresse, non seulement il les avait presque tous guéris, non seulement il ne les avait pas triés comme le voulait la rumeur parisienne, mais sans lui, nous aurions tous été obligés de nous faire injecter un poison mortifère dans le sang, un vaccin Bill Gates ou Gilead. Et si nous avions refusé, nous aurions perdu notre boulot. Car c’était là le plan de cette pandémie-mascarade.

Il n’est que de voir les dizaines de menaces qu’il a reçues, et la campagne de dénigrement, d’une ampleur jusqu’ici inégalée, qui a suivi. Le Professeur Raoult n’en saura jamais rien mais je l’ai défendu dès le début, à un moment où personne ne le croyait. Et je sais que nous sommes des millions à l’avoir fait.

Mais je voudrais finir sur l’aide bénévole apportée par les pompiers de Marseille. Je suis encore passée devant l’IHU du professeur Raoult cette après-midi. Comme d’habitude, ils sont là.

Au tout début, quand le professeur Raoult a commencé à dépister massivement, j’ai vu une cohorte de gens arriver. Certains portaient des masques et d’autres pas. La distance d’un mètre requis entre chaque personne n’était pas respectée.

D’eux-mêmes les pompiers sont venus, ont installé une tente médicale et des barrières pour canaliser le flux des patients. D’une manière plus générale, ils sont là pour aider, conseiller et soutenir moralement les malades potentiels.

Je voudrais ici les applaudir, non pas parce que j’ai eu à profiter de leurs services mais parce qu’ils auraient été là le cas échéant.

Et en ces temps de Grand Guignol, pour nous les gueux, cela compte énormément.

Les Marseillais ne s’y sont pas trompés qui ont mis une banderole en leur honneur et tout plein de petits messages pour le personnel soignant et le Professeur Raoult.    A mon tour de tous les remercier.

Et pour le plaisir, une prophétie du Moyen-Age sur le coronavirus, superbement chantée par le moine Benoît Dumon. Alléluia !

https://www.youtube.com/watch?v=UFqgAwH20_I#action=share

Laurence Esbuiée©1e mai 2020

Notes :

1https://www.liberation.fr/checknews/2020/04/22/quel-est-le-taux-de-mortalite-des-malades-du-covid-19-en-reanimation_1785793